J.Rouge (Revel) « On se retrouve tout simplement au pied du mur. »

J.Rouge (Revel) « On se retrouve tout simplement au pied du mur. »

23 avril 2022 1 Par Nicolas Portillo

Dernière ligne droite pour Revel dans l’optique du maintien. Ce samedi, les hommes de Jérome Rouge se déplacent à Luzenac pour un match où ils ont grandement besoin de points. Cette rencontre est l’occasion pour le coach Revélois de revenir sur les difficultés de son équipe cette saison, et son départ en fin de saison.

Retrouvez les affiches de Régional 1 du week-end par ici

Ce samedi vous vous déplacez à Luzenac dans le cadre de la 21ème journée de Régional 1. Vous affichez un certain retard sur le premier non-relégable, Balaruc. On peut dire que vous n’avez pas le droit à l’erreur ce week-end !

Oui, de toute façon, on sait qu’on a très mal négocié les confrontations directes avec Tournefeuille et Castanet (défaites 3-0 et 2-0). On n’a pas été dans la capacité de rivaliser et de pouvoir prendre des points. On se retrouve tout simplement au pied du mur. On sait que ça va être très compliqué pour s’en sortir. Maintenant, il reste six matchs. A nous de faire le maximum pour au moins essayer. Ça commence aujourd’hui par Luzenac.

C’est un peu la phrase bateau, mais comme on dit, ce sont six finales qui vous attendant pour vous maintenir !

C’est ça. Après le problème quand on est comme ça dans la difficulté, on perd aussi confiance. Par rapport aux dernières prestations, c’est difficile de dire qu’on sera capable de gagner quatre matchs sur six pour se maintenir. C’est ce qu’il nous faudra. Il va falloir quasiment douze points pour se maintenir. Ça paraît difficile. Maintenant dans le foot, on ne sait jamais ce qui peut se passer.

Objectif quatre victoires en six matchs pour vous donc. Ce soir vous affrontez donc Luzenac. On peut dire que vous commencez par un gros morceau pour glaner cette première victoire !

Oui. La première sera toujours la plus difficile à obtenir. Maintenant, si on veut se maintenir, on va devoir être capable d’aller gagner chez un cador à l’extérieur. Là, c’est Luzenac. C’est un club que je connais très bien puisque je suis Ariégeois. On avait fait 2-2 au match aller, dans une période où nous étions encore compétitifs et où nous avions encore beaucoup de confiance. A nous de retrouver ça et d’essayer de les faire douter pour faire un résultat là-bas. Même si on sait que Luzenac a fait un très bon résultat le week-end dernier à St Alban. Ils ont été très bons dans le jeu, notamment en première mi-temps. On sait que la partie va être difficile. A nous de faire le maximum de notre côté pour essayer d’inverser le pronostic.

Avant ce match, vous restez sur cinq matchs sans victoire, dont trois revers. Comme vous l’avez précisé, dans ce genre de situation, on perd confiance. Avant la rencontre de Luzenac, avez-vous donné de l’importance au travail psychologique de vos troupes ?

Pour être objectif notre grande problématique, c’est qu’on a eu énormément de blessés tout au long de la saison, et pas mal de joueurs cadres. Quand on est dans cette spirale, on continue à perdre des joueurs régulièrement. Pour un club comme nous, avec une équipe réserve en D2, c’est difficile de piocher. Malheureusement aujourd’hui, ça a été difficile de piocher et de faire une équipe compétitive pour ce week-end. Certains vont reprendre ce week-end, même si physiquement, ils ne seront peut-être pas au top. Mais il faudra faire avec pour essayer de faire un résultat là-haut. Au-delà de ça, bien sûr il y a un aspect mental. On a essayé de faire du ludique pour essayer de motiver tout le monde. Comme j’ai dit aux joueurs, on n’a pas grand chose à perdre. A nous de nous libérer et d’essayer déjà de commencer à gagner un match.

Quand on revient sur la saison de Revel, et les nombreuses blessures dont vous faites écho, est-ce que le bon parcours en Coupe de France ne vous a-t-il pas porté préjudice ?

C’est une globalité. Je crois qu’on paye surtout l’après-covid. On a énormément perdu de joueurs au mois d’août sur blessures et peut-être aussi par manque de motivation pour certains. On a eu un parcours jusqu’à Noël, où nous avons enchaîné tous les week-ends. Avec la Coupe de France, où nous sommes arrivés jusqu’au sixième tour. Est-ce qu’on paye ? Non. Parce qu’après la Coupe de France, que ça soit aux mois de novembre et décembre, on a fait un bon parcours. On a été capables justement de surfer sur cette dynamique de la Coupe de France pour avoir des résultats. Malheureusement, là où ça s’est étiolé, c’est à partir du mois de janvier. Pour diverses raisons : on a perdu des joueurs en terme d’effectif encore, et surtout, des matchs où nous étions en situation de pouvoir l’emporter, et on n’a pas mis les occasions au fond. Après dans la tête, on commence à perdre confiance. On enchaîne les mauvais résultats. Quand on enchaîne les mauvais résultats et qu’on n’est pas en réussite, il y a toujours de la casse. On a l’impression qu’on a tout contre nous. C’est un peu comme ça. Il y a encore de l’espoir et on va le jouer à fond. La Coupe de France, sincèrement, oui bien sûr on a eu des joueurs blessés, ça nous a aussi pénalisés sur le début du championnat. Je suis tout à fait d’accord avec ça.

Mais ce n’est pas pour autant que vous regrettez ce beau parcours…

Voilà. Je ne vais pas m’arrêter là-dessus. J’ai été content d’avoir ce parcours en Coupe de France avec mes joueurs. Ça nous a permis de vivre de bons moments, notamment contre Agde à la maison. Je ne vais pas dire que c’est à cause de la Coupe de France que nous sommes dans cette situation. Maintenant, c’est sûr que plus vous jouez de matchs, plus ça contribue à avoir des blessés.

On va parler également de l’actualité extra-sportive du club. C’est une grande page qui se tourne pour l’USR avec votre départ et Cédric Garcia, votre capitaine emblématique qui raccroche les crampons ! Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur votre propre départ ? Qu’est-ce qui a motivé cet arrêt après quatre ans à la tête de l’équipe fanion ?

Quatre saisons, mais il y a eu deux saisons qui ne ce sont pas terminées. Cette saison est difficile. Quand on joue le maintien, c’est compliqué. On a joué beaucoup de matchs avec très peu de week-ends de repos dans une poule à 14. Donc tout le temps sous pression. Moi en tant qu’entraîneur, et les joueurs je pense que c’est pareil, je trouve cette saison particulièrement longue. Après, peut-être qu’on n’était plus habitués. Je l’avais senti déjà au mois de janvier quand j’ai rencontré les dirigeants pour la prolongation. Je leur avais dit que c’était un peu tôt. Je sentais aussi que ça faisait quatre ans. Il faut comprendre que j’ai 50 minutes de route pour aller à Revel. Je n’habite pas sur place. Il y avait peut-être aussi l’arrêt de Cédric Garcia et de certains anciens. Je me posais la question de savoir si ce n’était pas l’occasion pour moi de passer à autre chose tout simplement. Ça s’est confirmé sur ces dernières semaines. Le club et ce groupe auront, je pense, besoin d’un autre discours, et de se projeter sur plusieurs années. Je n’avais peut-être pas la capacité dans la tête de me projeter sur plusieurs saisons. Il va y avoir une reconstruction à faire en terme d’effectif au moins. Cédric Garcia va passer directeur sportif. C’est lui qui va s’occuper de ce recrutement et par son réseau, je suis sûr qu’il arrivera à trouver la bonne personne pour prendre la relève.

Oui il mettra en place ses nombreux contacts pour repartir l’an prochain !

Oui. Après, Revel reste un club attractif, je ne m’inquiète pas pour la suite. Maintenant, après les avoir faits monter, c’est sûr que si on pouvait rester une saison de plus en R1 avant que je parte, ça serait très bien pour tout le monde. On sait que ça va être compliqué, mais je vais essayer de lancer cette dynamique et de tout faire pour cet objectif.

Ce départ de Revel, est-ce qu’il va se faire pour tenter une nouvelle aventure ailleurs ou vous seriez plutôt tenté par une petite saison de repos ?

Je n’ai pas de plan B pour l’instant. Je l’ai dit clairement au staff. Après, s’il y a des propositions intéressantes, je les étudierais. Mais je ne ferais pas n’importe quoi non plus. C’est clair.

Peut-être des propositions un peu plus proches de chez vous cette fois ?

Après, un peu plus près de chez moi, il ne faut pas rêver, il n’y en a pas 50. Après, il faut voir sur un périmètre dans les 40-45 kilomètres ce qu’il peut y avoir d’intéressant. Après, s’il y a un projet intéressant, pourquoi pas. Si je n’ai rien de forcément très intéressant, je me reposerais un petit peu. J’irais voir des matchs et je ferais comme tous les coachs qui prennent une année sabbatique.

Pour l’instant votre tête est surtout tournée vers l’objectif maintien avec Revel…

Voilà. Cette saison se termine le 12 juin déjà. Ça a été reporté d’un mois par rapport aux saisons précédentes. D’habitude à partir du 15 mai, tout le monde est chez soi. Il reste encore six matchs, donc un mois et demi. L’objectif est d’essayer de faire ce qu’il faut dans ce dernier mois et demi pour partir proprement. Je vais faire mon maximum pour partir dignement et maintenir ce club. Je ne suis pas dans le démarchage des clubs pour la saison prochaine. Ce n’est pas dans mon caractère.