N.Guibal (Sète) « On a acquis ce maintien avec beaucoup de persévérance »

N.Guibal (Sète) « On a acquis ce maintien avec beaucoup de persévérance »

16 mai 2022 1 Par Nicolas Portillo

C’est dans un Complexe Sportif de Borgo en feu que le FC Sète est allé chercher son maintien en National. Handicapé par les blessures et quelques départs, le groupe de Nicolas Guibal s’est recentré sur l’essentiel : l’union de groupe.

Il aura fallu attendre la dernière journée de ce championnat pour voir Sète valider son maintien !

Oui un maintien acquis à la dernière journée. Ça n’a pas été très simple. Mais nous avons su trouver la forcer et l’abnégation pour aller se maintenir à la dernière journée à Bastia Borgo. C’était très bien. On n’osait pas imaginer qu’on allait finalement s’imposer là-bas. On a fait le dos rond et on a acquis ce maintien avec beaucoup de persévérance.

Pour en revenir au match de Bastia Borgo, même si la défaite 1-0 vous aurez été favorable. Il était écrit que l’histoire serait bien plus belle au finish avec ce succès dans le money-time. C’est un maintien en apothéose !

Oui, je pense qu’on peut le voir comme ça. Beaucoup de gens émettaient de gros doutes sur notre capacité à aller chercher ce maintien. Même si pour Bastia Borgo, la tâche n’était pas facile de nous mettre trois buts. Tout en sachant que depuis le début de la saison, il a été très rare que l’on s’incline sur de tels scores. Mise à part le match à Annecy, où nous étions passés un peu au travers du match. Que ça soit contre les ténors du championnat ou les équipes du milieu de tableau, les défaites ont rarement excédé plus d’un but d’écart. On avait ce socle de confiance que nous sommes allés confirmer là-bas. Mais nous avions tout de même cette faculté à se dire que pour nous mettre des buts, même si nous ne sommes pas toujours au top, c’est assez compliqué. Je tiens aussi à saluer que deux joueurs ont tenu à revenir. J’étais inquiet défensivement parce qu’il me manquait pas mal de joueurs entre les blessés, les suspensions et les blessures de longue date. On a deux joueurs : Alexis Mané et Amadou Seydi qui ont fait des protocoles de soins avec des infiltrations pour pouvoir être présents et sauver le club de cette mauvaise situation où l’ont s’était mis.

C’est vrai qu’à la trêve, le FC Sète était en milieu de classement et semblait s’être bien éloigné de la zone de relégation. Qu’est-ce qui vous a fait autant de sur ces derniers mois de compétition ?

On a perdu des joueurs importants. Il faut savoir qu’on a perdu Fayçal Manai, on a perdu Nakibou Aboubakari, on a perdu Steve Solvet à un moment donné. Il a fallu faire du déplacement de fonction sur certains postes. On a positionné des joueurs qui n’étaient pas forcément habitués à certains postes. Il a fallu se réinventer, se reconstruire avec l’effectif que j’avais à disposition. A ce moment-là, on ne pouvait plus recruter. Il y a eu des équipes qui se sont révélées. Les matchs sont devenues de plus en plus compliqués. On savait très bien que la phase du mois de mars jusqu’à la fin du championnat allait être très compliquée. Elle l’a été. Même si nous avons eu l’opportunité d’avoir ce maintien un peu plus rapidement. On n’a pas su la saisir. On s’est rendu la tâche difficile. Ce match à Bastia Borgo, beaucoup de spécialistes ou de supporters pensaient que la tâche allait être très compliquée. Elle l’a été. C’est une évidence. Mais nous sommes quand même allés le faire.

Oui c’est vrai que ça ressemblait à une finale qui pouvait sonner votre glas dans un stade Corse en effusion…

C’est ça. Le public Corse était venu en nombre. Leur accueil a été très correct. Le match s’est passé dans de très bonnes conditions. Ce qui est dommage c’est que nous sommes actuellement dans le championnat les deux seules équipes du Sud et qu’une disparaît. Ce championnat de National appartient aux équipes du haut de la France. On est un peu les irréductibles. C’est vraiment dommage que ce maintien se passe entre deux équipes, des dirigeants qui s’apprécient. Malheureusement, c’était le malheur au perdant. Heureusement, ce n’était pas nous.

Vous allez bien sûr souffler un peu pour récupérer du stress qu’engendre une telle fin de saison. Mais vous allez devoir très vite vous tourner vers la prochaine saison et voir pour renforcer l’effectif !

Aujourd’hui, on m’a demandé beaucoup et surtout dans l’implication pour sauver le FC Sète. Le championnat se termine. Je ne sais rien sur mon sort et sur l’effectif qui sera là la saison prochaine. Beaucoup de tergiversations. Je me languis de savoir déjà pour mon cas, de savoir où et comment je serais la saison prochaine. Aujourd’hui, je ne suis tourné vers rien et j’attends juste d’en savoir un peu plus sur ma situation personnelle. Je me suis beaucoup impliqué dans le maintien du club. Il a fallu être solide mentalement. Même si c’est un club que j’adore car j’ai grandi et j’ai fais mes classes dans ce club, il me passionne et je donne sans compter. Mais aujourd’hui, avant de parler de la saison prochaine, il faudrait d’abord savoir ce qu’il va se passer et savoir ce que l’on compte faire de moi à la fin de la saison.

Pour ce maintien, il a fallu énormément de travail de la part du staff tout au long de l’année. Le concours de Rolland Courbis ces dernières semaines a-t-il apporté la petite touche qu’il pouvait peut-être vous manquer pour avoir les points dont vous aviez besoin ?

Effectivement, Rolland a pu nous donner quelques conseils qui étaient des bons conseils par rapport à son expériences du maintien. Mais il faut savoir que Rolland était souvent avec moi au téléphone. Il a fait quatre ou cinq apparitions sur les entraînements avec moi. La décision et le coaching sur les matchs n’en revenaient qu’à moi. C’était un apport intéressant. Je l’en ai remercié. Il n’était pas omniprésent. Il était là et bien entendu, peut-être qu’à un moment donné, entendre une autre personne avec un nom aussi prestigieux que Rolland a peut-être aussi mis des arguments qui nous ont permis d’aller chercher ce maintien. J’ai vécu toute la saison avec ce groupe. Groupe qui s’est reconstruit. Au départ, je n’avais que quatre joueurs de la saison dernière. Le groupe s’est reconstruit avec des joueurs de N2 et N3 et un ou deux joueurs de National. Il a fallu tout reprendre au départ. Nous avons récolté les fruits d’un travail sans faille de l’ancien manager qui a beaucoup travaillé sur le recrutement. Rolland est venu peut-être donner un petit coup de souffle en fin de championnat. On en avait peut-être besoin. Mais le gros du travail a été fait depuis le début de la saison. Le staff, avec mes préparateurs, s’est beaucoup impliqué pour obtenir ce maintien. On a récolté les fruits du travail engagé depuis le mois de juin l’année dernière.

Que retiendrez-vous de cette saison ?

Quand on regarde aujourd’hui des équipes qui sont derrières nous avec des budgets deux, trois voir quatre fois supérieurs à celui du FC Sète, ça reste une très grosse performance. Je parlerais presque de miracle. Des clubs comme Boulogne, comme Chambly qui descendait de Ligue 2, Créteil qui est un habitué, Bastia Borgo est budgétairement au-dessus de nous, notamment quand on voit à quel point on a bataillé pour avoir des subventions, qu’on n’a pas forcément eu là où nous en avions besoin. Ça reste un miracle. C’est un championnat très difficile, très exigent, avec de très belles équipes et plus de la moitié qui fonctionnent comme des professionnels. Nous sommes encore à la limite de l’amateurisme. Quand tu te retrouves avec un budget comme le nôtre, même en début de saison, je ne pense pas beaucoup voyaient le FC Sète se maintenir en National. A force d’envie, de persévérance, des joueurs qui sont montés au niveau de ce championnat, on est allés le chercher. J’en suis très fier pour le groupe. S’il y a maintien, le mérite en revient forcément en grande et majeure partie aux joueurs.