Début mai, le capitaine de la réserve de Cambounet était passé au crible des Experts de Lapanouse Foot. A quelques heures de sa demi-finale de Coupe du Tarn contre Lagrave et en sa qualité de Petit Poucet de la compétition, retrouvez les déclarations du sud-Tarnais mis au défi par nos Experts.

En quart de finale vous avez sorti Castelnau de Lévis, pensionnaire de D1 et équipe en forme au début du printemps. C’était déjà une sacré performance d’avoir gagné cette rencontre 3-1 !

Exactement. J’avais vu qu’ils étaient cinq ou sixième au moment où nous les rencontrons. Ils étaient sur une belle série. On peut se dire que c’est un exploit dans le sens où il y avait deux divisions d’écart. Mais au final, sur le terrain je n’ai pas vu les deux divisions d’écart. Je ne sais pas ce que ça donnait de l’extérieur. Mais en ayant vécu le match de l’intérieur, je trouve qu’on a fait jeu égal et on a même été plus réaliste qu’eux.

Est-ce qu’on ne pourrait pas pousser la réflexion à se dire qu’il n’y a qu’une division et demi d’écart sachant que votre équipe monte en D2 avec une seule défaite sur l’année de football. Est-ce qu’on ne peut pas déjà dire que la réserve de Cambounet est une équipe de D2 ?

En effet, à ce stade de la saison, c’est ce qu’on peut se dire avec les résultats obtenus et le parcours que l’on fait. On a assuré la montée à trois journées de la fin. En effet, les deux divisions d’écart sur le papier, elles n’y étaient peut-être plus. Malgré tout, on était sur un rythme de croisière où nous avons joué des D3 quasiment toute la saison. Alors que Castelnau avait enchaîné beaucoup plus de matchs que nous et sur un rythme différent. C’était loin d’être gagné d’avance.

Tout le monde était là à Cambounet pour ce match, c’était vraiment l’événement de la ville !

Cambounet, c’est un petit village avec moins de 1000 habitants. Mais c’est un club de Coupe. Là, la Coupe est à Cambounet depuis quelques années vu que l’équipe une l’avait gagnée en 2019. Depuis, il n’y a pas eu d’autres éditions. C’est un club qui a toujours su faire de gros événements sur ces matchs de Coupe. Il y a un gros esprit de village, d’attachement au club qui fait que quand on joue à la maison, on a encore plus envie de se dépasser et de ne rien lâcher.

Il reste encore deux matchs donc rien n’est encore fait. Mais vous pouvez potentiellement créer un événement en l’emportant après votre équipe fanion !

Ça serait incroyable.

Comment se passent les relations entre l’équipe fanion et la réserve ?

Il y a équipe une et deux sur le papier, mais en vérité, il y a un groupe sénior et il n’y a pas de différence. On s’entraîne ensemble, on se côtoie tous. Il n’y a pas de différence dans les relations humaines. C’est un groupe de mecs, que ça soit joueurs ou dirigeants, et il n’y a aucune différence. La preuve contre Castelnau, l’équipe deux jouait le quart de finale, et la une était derrière la barrière à supporter de la première à la dernière minute. C’est l’état d’esprit de Cambounet.

Avoir un groupe sénior et non des équipes plus spécifiques, selon toi c’est plutôt positif pour booster l’équipe réserve à se mettre au niveau ou ça créé un petit retard pour l’équipe fanion sur des entraînements type R3 ?

Il y a surtout l’entraînement du mardi où nous sommes tous ensembles. Il permet de créer des relations entre tous les joueurs et d’élever le niveau pour les mecs en équipe deux. Le jeudi, l’entraînement est plus spécifique et on sépare les deux équipes pour faire de la mise en place. Donc on travaille des deux façons.

Est-ce que ça ne permet pas d’avoir le même style de jeu en finalité ?

Pas tout à fait car tu n’as pas les mêmes joueurs sur le terrain. Il faut le reconnaître, tu n’as pas la même qualité tactique. Après l’idée de jeu est aussi un peu différente. Tu n’as pas les mêmes coachs.

Quelles étaient les ambitions du club en début de saison ? Maintien en R3, montée en D2 et laisser la Coupe du Tarn à Cambounet ?

Je vais être honnête. On reprend en juin après deux dernières saison à moitié, voir pas du tout. Quand on reprend, le seul objectif est de se retrouver de jouer au foot et de reprendre du plaisir. On démarre vraiment comme ça pour les deux équipes. On se dit qu’on ne veut pas se prendre la tête avec des résultats et juste se retrouver. Les objectifs arrivent début automne. On sent qu’il se passe quelque chose. L’objectif de la une était de se maintenir. La deux, on se dit pas de suite, on avance gentiment. Au bout de quelques matchs on se met en tête qu’on peut jouer quelque chose en championnat. La Coupe, ça arrive plus tard. On passe le premier tour en perdant 2-0 contre Terssac après 20 minutes. On renverse la situation à 4-3 au final. Mais c’est quasi inespéré. C’est vraiment le 16ème de finale contre Blan, où l’on se rend compte qu’on a fait quelque chose de fort, que nous sommes capables de tenir sur une équipe qui était première de D2 et avait déjà fait un gros parcours. À ce moment-là, on se met en tête que la Coupe, pourquoi pas. Même si on est en D3, pourquoi ne pas aller au bout ?

Même si Cambounet s’affiche comme une équipe de Coupe, il paraît en effet compliqué pour une équipe de D3 d’annoncer cette Coupe du Tarn comme objectif prioritaire de la saison…

C’est un peu ça. Quand tu joues un match, tu le joues à fond pour aller au bout de la compétition. Mais tu fais quand même preuve d’humilité et de réalisme. Tu sais très bien qu’en face tu vas rencontrer des grosses cylindrées.

Tu parles de grosses équipes. Lagrave, grosse équipe. Ils sont focus sur cette Coupe du Tarn et peuvent faire un joli doublé Coupe-Championnat de D2. Est-ce que tu en as entendu parlé de cette équipe de Lagrave ?

J’en ai vaguement entendu parler. Mais surtout, je vois leurs résultats. Quand je sais qu’ils sont premiers et qu’ils ont écrasé le championnat. Ils ont marqué une soixantaine de buts, en ont pris à peine plus de dix. Ça parle évidemment. On a compris que nous allions rencontrer une très grosse équipe pour cette demi-finale.

Au niveau de votre saison, quelle équipe t’a le plus impressionné cette saison ?

En championnat je ne peux pas te dire qu’une équipe nous a impressionnés. Ça serait mentir. On a plutôt passé un championnat sans encombre. Par contre oui c’est Blan, c’est ce seizième de finales chez eux. Dans le jeu, c’étaient eux les plus complets. Je crois que c’est le seul match où nous allons jusqu’aux prolongations. Ça a été le match le plus épuisant physiquement. C’est celui où nous avons été le plus costaud physiquement, où nous avons résisté. C’est l’équipe qui m’a le plus impressionné. Mais c’est aussi sur ce match que mon équipe m’a le plus impressionné.

Cambounet saura donc élever son niveau de jeu si Lagrave met les bouchées doubles !

Comme à chaque fois.

C’est quoi votre point fort de la grinta ? Tactiquement notamment ?

Notre point fort n’est même pas tactiquement. Notre point fort c’est l’âme de cette équipe et même du groupe. L’équipe ne se résume pas aux 14 joueurs sur le terrain. C’est tout un groupe d’une vingtaine de joueurs. C’est certainement tout un club. La force, c’est l’âme de ce club, c’est l’envie de défendre le clocher, les couleurs du club. Pour notre équipe deux cette année en particulier, nous avons commencé la saison avec pas mal de mecs qui ne se connaissaient pas trop et n’avaient jamais joué ensemble. Au final, on a réussi au fil du temps à créer quelque chose de très fort et vraiment une belle osmose dans ce groupe. On se le dit à chaque tour de Coupe que l’on passe. C’est ce qui fait notre force. C’est quasiment comme si on avait réussi à créer une petite famille autour de nous.

Avec les besoins de la une pour se maintenir. Est-ce que tu penses que vous avez la profondeur de banc pour finir la saison et préparer correctement cette demi-finale ?

Oui, la profondeur on l’a. Le groupe deux, c’est quasiment une vingtaine voir 22 joueurs qui ont tourné sur la saison. En plus, il y a des moments où on sait que l’équipe une a été capable de partir jouer à l’extérieur à 13 joueurs pour nous laisser le vivier à nous et nous permettre d’assurer la montée et des tours de Coupe. Les choses se sont un peu inversées. C’est presque l’équipe une qui s’est démunie à des moments pour nous. La profondeur, je n’ai aucune inquiétude. Même si comme dans chaque club, tu as toujours un peu de blessés. Mais en ce moment, je trouve qu’on est vraiment bien physiquement. Il y a un peu de blessés. Mais la profondeur de groupe et de banc y est sans problème.

Des mauvaises langues ont évoqué que Cambounet avait renforcé l’équipe deux pour les quarts contre Castelnau de Lévis. Surtout quand on voit que l’équipe fanion ne jouait pas. Qu’est-ce que tu as à répondre sur ça ?

La réalité n’est pas du tout celle-là. Justement, notre grande fierté, c’est de pouvoir se dire que non. On a décidé dès le début que le groupe deux resterait le groupe deux et que jusqu’au bout, il était hors de question de renforcer avec des mecs habituellement de l’équipe une. Justement, la beauté du truc, était de se dire qu’on irait au bout avec le même groupe. C’est ce qui s’est passé contre Castelnau. C’est exactement le même groupe que depuis le début de la saison.

S’i l’on évoque un peu le championnat. Vous avez d’ores et déjà une belle idée des équipes auxquelles vous vous frotterez l’an prochain en D2. Avez-vous déjà essayé de vous pencher sur les pensionnaires de cette poule B de D2 ?

Pour ma part pas du tout. Je suis tellement focus sur ce que l’on est en train de vivre, et j’essaye de profiter de tout ça. Je ne regarde pas encore la saison prochaine. Nous n’y sommes pas.

Et question plus perso. Quelle est ton équipe favorite ?

Moi c’est le Montpellier Hérault. Je suis né là-bas. Quand j’étais gamin, j’allais voir quasiment tous les matchs au Stade de la Mosson avec mon grand-père. C’est mon club de cœur, la Paillade.

Et actuellement quel joueur te fait le plus plaisir ?

Si je te prends un grand joueur du Montpellier Hérault, et celui qui est une référence pour moi, c’est Vitorino Hilton. Déjà c’est un mec qui a été très fidèle au club. Il a fait de superbes performances. Il a surtout fait une longévité record en jouant jusqu’à 42-43 ans ! C’est vraiment un exemple pour moi et c’est un joueur qui me sert de référence.

Certains de tes coéquipiers nous ont dit que tu étais un homme à défi. On s’est un peu concertés parmi les Experts de Lapanouse Foot. Nous allons t’en lancer un. Dans le cas où vous vous qualifiez pour la finale et que vous gagnez contre Lagrave. Sachant que tu es un amateur de marathon. Nous te lançons le défi de rentrer de St Sulpice en courant jusqu’à Cambounet après la rencontre !

On peut faire un truc comme ça. Je ne te garantis pas de faire St Sulpice jusqu’au bout. 46 bornes, c’est peut-être un peu beaucoup mais je suis chaud de te relever un défi de ce style qui resterait à ma portée. Sans problème.