C’était évidemment une rencontre bien spéciale que disputait Thibaut Colson ce dimanche contre l’US Béziers. Vingt-deux ans après son arrivée au club de Trèbes, il jouait ici-même son dernier match sous les couleurs des Oranges et Noirs. Arrêtant momentanément le football, le joueur de 27 ans part avec le sentiment du devoir accompli ayant réussi à maintenir son équipe en Régional 2 la saison prochaine.

Cette rencontre contre l’US Béziers était votre dernière sous les couleurs de Trèbes. Ce match ne devait pas avoir la même saveur qu’à l’accoutumé pour vous !

Non. Déjà, le coach m’avait donné le brassard sur les deux derniers matchs. Effectivement ça avait une saveur particulière. On devait être sérieux parce qu’il fallait gagner ce maintien que l’on a cherché toute la saison. Sur des saisons avec cinq ou six descentes, vous avez beau faire treize ou quatorze victoires, vous n’êtes toujours pas à l’abri et maintenus. Je suis rentré sur le terrain avec un objectif sérieux et aussi avec l’appréhension de ce dernier match. On ne veut pas que ça se termine, que ça continue pendant encore longtemps. Mais finalement, il y a 90 minutes et ça se termine. Après, on a une larme qui coule jusqu’à ce que les potes viennent te féliciter. C’est compliqué mais c’est aussi un plaisir. On a réussi à se maintenir donc je pars avec le sentiment du travail bien fait.

Oui sur le coup vous ne partez pas en ayant des regrets et une descente du club !

C’est ça. Je ne pourrais pas être présent sur le dernier match pour des raisons personnelles. J’avais vraiment à cœur que l’on se maintienne avant ce dernier match. Sur le dernier match, on joue les champions (Seysses Frouzins). Ils auront à cœur de terminer sur une bonne note. On sait que ça sera un match très compliqué et d’autant plus si on avait dû jouer le maintien contre eux. Il fallait se maintenir sur ce dernier match où Béziers n’avait plus rien à jouer. On y a mis la manière et c’est super.

Au regard de votre parcours foot, vous êtes un peu une denrée rare ayant réalisé toute votre carrière à Trèbes !

Effectivement, j’ai commencé à 5 ans à Trèbes pour me canaliser. J’étais un petit qui bougeait beaucoup. De fil en aiguille, j’ai fait mes classes à Trèbes jusqu’à intégrer les 17 ans, puis les 19, des fois avec les séniors jusqu’à les intégrer définitivement en DHR à l’époque et maintenant en R2. Je n’ai toujours connu que Trèbes. J’ai eu des sollicitations mais toujours au-dessous ou au même niveau donc ça ne m’intéressait pas forcément de jouer contre Trèbes au même niveau, ou plus bas. Toujours dans le même club, avec les gens que je connaissais et surtout des infrastructures plutôt correctes.

Ce qui rendait votre clap de fin encore plus particulier !

C’est ça. Je suis jeune encore. J’ai 27 ans. Je prends une année sabbatique. Moi j’habite Toulouse. Il est maintenant temps de changer de ville. Le foot demande beaucoup de contraintes, d’exigences et même au niveau amateur quand on veut faire les choses bien. On n’a pas de week-end pour nous, on joue pour le club. Une année sabbatique qui fera du bien. Au moins, je ne quitte pas le club pour un autre club. Ça fait aussi plaisir. On arrête là-dessus. On verra ce qu’il adviendra dans un an. Effectivement, j’arrête après 22 ans au club. C’est un petit pincement au cœur.

Le pincement au cœur aujourd’hui, mais vous laissez la porte ouverte à une nouvelle aventure dans un an au final…

C’est une année sabbatique où je vais prendre soin de moi. Quelques blessures sont passées par là : obligé de jouer avec une genouillère, de tenir les chevilles à chaque match. Ça sera une année où je vais un peu voyager. Comme je disais, quand on s’engage dans une saison, surtout des saisons longues comme cette saison où l’on joue une trentaine de matchs, on n’est pas des pros donc on ne joue que le week-end. Ça commence à prendre énormément de temps. Après, sans doute je reprendrais. Je ne sais pas de quelle manière. Est-ce que je serais sur un banc, encadrer des jeunes, rejouer à 11. Je ne sais pas de quelle manière, mais je ne quitterais pas le foot en tout cas.

Ce n’est pas un adieu, juste un au revoir.

C’est ça ce n’est qu’un au revoir. Comme au club de Trèbes. Je ne leur ai dit qu’au revoir. Je les suivrais de loin. Quand ils joueront dans la région Toulousaine, j’aurais à cœur de venir les voir.

Ce retour après l’année sabbatique ne sera donc pas à Trèbes ?

Non. La route est longue de Toulouse à Carcassonne toutes les semaines et tous les week-ends. Je chercherais un club l’an prochain. Quand je me serais un petit peu posé. On verra ce qu’il y a au alentours. Tout en restant modeste et en observant le niveau auquel je peux prétendre. Rester en R2 ou R3, ça serait avec plaisir. Je chercherais à ce moment-là. Mais pour l’instant, je n’y réfléchis pas trop.

Que souhaitez-vous à Trèbes pour son avenir ?

Je leur souhaite une très bonne année 2022-23. Je quitte un très bon groupe. Je quitte des copains, des amis. Je ne leur souhaite que du bonheur. Si je dois parler du club, qu’ils continuent comme ça. Sur les jeunes, les éducateur. C’est un club qui a réussi à se structurer avec des équipes de jeunes qui montent en Régional, des débutants qui sont super bien encadrés et vont sans doute suivre les classes dans le club. Dans l’Aude, c’est l’un des meilleurs clubs au niveau des jeunes. Il faut que ça continue, qu’ils progressent. Je ne leur souhaite que des victoires que ça soit l’équipe une ou deux.