Ce dimanche, c’est un match des plus particuliers que jouera le buter Jérôme Muthular. Après avoir fait ses adieu au Stade Eric Carrière il y a deux semaines, l’attaquant Gersois jouera son dernier match de football contre Albi Marssac avant de raccrocher définitivement les crampons. Une dernière saison qui aura malheureusement était compliquée pour lui, les pépins physiques l’ayant rattrapé.

Clap de fin pour cette saison de football, vous allez à Albi Marssac avec le podium en vue, est-ce que pour vous cette saison est réussie pour Auch Foot ?

On aurait préféré viser mieux, c’est une certitude. Après il y a eu des faits clubs où il a fallu aider l’équipe réserve depuis trois mois maintenant à se maintenir en R2. Le choix du club a été plutôt la stabilité R1-R2 que de privilégier une montée potentielle en N3 et de sacrifier la R2 pour la N3. Chaque week-end depuis trois mois, nous avons trois éléments importants de l’équipe première qui vont renforcer cette équipe réserve, diminuant par l’occasion notre équipe de R1. Ce qui fait nos résultats en dents de scie ne nous permettant pas d’accrocher le train, le wagon d’Onet et aussi de sortir ce podium actuellement. L’objectif de départ, au vu de notre effectif et de la poule ; était d’accrocher le podium. C’était vraiment une ambition que l’on va essayer de finaliser ce week-end à Albi.

Malgré tout, même si vous parlez de performances en dents de scie, Auch a réalisé dernièrement de belles performances, même si Onet était au dessus cette année…

Oui complètement, je le dis depuis que nous les avons joués en deuxième journée de championnat chez eux. Onet est une belle équipe qui mérite son parcours et sa montée. Il faut les féliciter. Nous n’avons pas eu la chance de pouvoir les suivre. Ça aurait été bien de les accrocher et d’avoir une bataille jusqu’au bout. Nous avons un groupe très intéressant avec des joueurs qui montent en puissance en espérant qu’ils puissent rester avec nous les prochaines saisons. On a eu un manque d’expérience pour une partie du groupe. Dans des matchs charnières, et notamment contre les équipes qui jouent le maintien, nous n’avons pas eu cette rage que ces équipes avaient face à nous. Je parle du Girou, de Tarbes, de Salies Mane contre qui nous avons perdu des points sur ces deux derniers mois et contre qui nous ne devrions pas perdre de points. Il y a un classement à respecter. Nous avons un statut à faire respecter et sur ces matchs, nous n’avons pas su le faire.

Vous pouvez sur le coup pointer particulièrement la défaite à domicile contre le Girou qui est un gros point noir de ces dernières semaines…

Oui, mais sur le match, on n’a pas à regretter quoi que ça soit. La défaite est entièrement méritée. Ils ont mis beaucoup plus d’ingrédients que nous tout au long du match. Aujourd’hui, c’est un accident collectif. Ce ne sont pas des erreurs individuelles. On ne peut s’en prendre qu’à nous même. Une saison, c’est un équilibre. Il y a des matchs qu’on ne doit pas gagner, et d’autre si. Ça fait parti du jeu. Aujourd’hui sur la régularité, on mérite notre place.

Vous avez pourtant encore vos chances pour le podium. Les jeunes qui ont joué cette année ont pu acquérir l’expérience qui a pu faire défaut cette saison. C’est de bonne augure pour l’année prochaine !

Oui tout à fait. Après, c’est le but. Le leitmotiv du club, c’est de sortir des joueurs, d’accompagner des jeunes issus du club tout en essayant de récupérer au fur et à mesure les quelques bons éléments des clubs alentours. C’est l’objectif du club, de travailler avec nos moyens. Aujourd’hui, les seuls moyens que nous ayons, c’est la formation. Il n’y a pas de moyen financier donc aujourd’hui, il faut travailler sur cet aspect formateur qui fait que nous avons quelques jeunes avec un très bon état d’esprit, qui tiennent la route et peuvent amener quelque chose dans un groupe de R1.

Et un potentiel pont d’or si vous gardez votre réserve en R2.

Exactement. Ça permettra de ne pas avoir trop d’écart entre les deux équipes. Dans les groupes d’entraînements le niveau ne se fait pas vraiment ressentir. On peut tous travailler ensemble et ne pas scinder les deux groupes. Ce qui scinde aussi humainement les joueurs. C’est vraiment cette stabilité que recherche le club. C’est pour ça que notre politique sportive a été de viser un groupe homogène qui se maintienne sur la durée en R1 et R2. L’objectif de la N3 est toujours intéressant pour les joueurs. Au niveau des moyens, ça peut être compliqué de s’y maintenir plusieurs années et d’y avoir une pérennité. Mais en tout cas, niveau R1-R2, on sait que le club d’Auch peut et continuera à vivre dans ces niveaux avec sérennité.

Parlons de vos performances personnes. Vous faites parti des hommes forts du club, comment jugez-vous votre propre saison entachée par les blessures ?

Elle a été entachée comme depuis trois ans par une blessure à Onet lors de la deuxième journée. Ça m’a privé des terrains jusqu’en janvier, donc quatre mois. Forcément en reprenant en janvier avec un retard physique sur le groupe, les adversaires, c’est beaucoup plus difficile de rattraper le retard, surtout à mon âge. Mais ça s’est fait doucement. J’ai pu apporter l’expérience que j’ai. Aujourd’hui, nous sommes entourés de joueurs qui montent en puissance et sont un peu la génération intermédiaire entre les jeunes et les anciens et demains, ils seront les chefs d’orchestre de cette équipe. Ce sont des mecs avec un état d’esprit formidable et demain ils seront les piliers qui nous remplacerons nous qui avons plus de 35 ans aujourd’hui. Pour moi en tout cas, c’est le clap de fin, mais pour les autres ça sera certainement dans une ou deux saisons de plus avant de finir.

C’est donc définitive, vous raccrochez les crampons…

Exactement, on va penser à la santé. J’ai d’énormes soucis au niveau du genou. Et on va aussi penser à la famille avec ma petite qui va faire 10 mois. Ça devient le plus important de ma vie. Le football, j’en ai donné pendant 30 ans. Maintenant place à une nouvelle vie. Même si je ne serais pas trop loin du club, ça ne sera pas de suite.

Le match d’Albi Marssac aura donc une saveur vraiment particulière pour vous ce soir.

Oui après on l’a surtout fêté contre Portet à domicile lors de la précédente journée. J’ai eu des attentions particulières pendant le match, après le match que ça soit des joueurs, du staff, des dirigeants ou des supporters. Ça fait chaud au cœur. Mais on n’oublie pas qu’il y a un dernier match à jouer. Il y a une équipe d’Albi Marssac qui est techniquement condamnée mais va aussi jouer son dernier match de l’année avec le cœur. À titre individuel, je n’ai pas envie de finir ma carrière sur une contre-performance. Ça fera parti aussi du discours de début de match ce samedi auprès de l’équipe. On ne joue pas pour perdre. Ça on le sait très bien en tant que compétiteurs. Mais il y a cette petite touche supplémentaire, cette attention supplémentaire qui j’espère nous permettra de finir la tête haute sur cette fin de saison.

Pour faire un petit bilan de votre carrière, quels ont été les moments les plus extraordinaires de votre vie de footballeur ?

J’ai connu plusieurs clubs : Anglet, Tarbes, Bayonne en National puis Auch. Ça a été un parcours différent selon les clubs. Dans tous ces clubs, j’ai connu des moments extraordinaires que ça soit sur le plan sportif ou humain. Ce ne sont pas des expériences comparables. Mais chacune a été forte. Il y a eu des moments difficiles. C’est normal, ça fait parti d’une carrière. Mais des moments aussi magnifiques et extraordinaires. Il y en a en eu partout. Je vais retenir sur les dernières années à Auch où on fait des parcours en Coupe de France, des montées en National 3. Bien sûr, il y a eu des descentes. Mais je retiens avant tout le côté chaleureux et humain que j’ai découvert ici à Auch. On m’avait vendu un esprit famille et je le confirme. Que ça soit à l’intérieur du club, ou dans la ville en elle-même, il y a un rapport humain que je n’ai pas connu dans les autres clubs. C’est une évidence.