Championnes de leur poule B de D2 féminines, le Ruthénoises se sont offert une très belle saison de football en faisant rapidement le trou avec concurrence. Maintenant, le coach Aveyronnais doit préparer ses troupes pour la prochaine saison en D1 Arkema et viser le maintien dans l’élite du football Français féminin.

Clap de fin sur cette saison, une très belle saison pour les Rafettes. Vous avez su monter en puissance pour aller chercher le titre de championnes. Avec le recul quel est votre bilan sur cette saison ? Est-ce que pour vous votre équipe aurait pu se transcender encore davantage ?

C’est logique ça soit notre équipe qui accède au niveau supérieur de part notre régularité et car nous avons su trouver les solutions pour prendre les points pour quasiment chaque opposition qui nous a été proposée. Après, est-ce qu’on en avait encore sous le pied ? Nous comme tout le monde, nous avons fini la saison sur les rotules. Tout le monde était fatigué après deux saisons qui n’ont pas été à leur terme.

Cette fatigue, à quelques semaines du défi D1 Arkema, est-ce qu’elle vous inquiète ?

Non ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète. Nous avons coupé. Les filles auront le temps de recharger les batteries. Tout le monde a pleinement conscience que le costume sera totalement différent l’an prochain. Ça sera dur et il va falloir jumper d’un niveau pour avoir des chances d’y rester.

Quand on fait le bilan, vous terminez avec onze points d’avance sur le second. A l’inverse en poule A, ça s’est joué dans un mouchoir de poche. Avoir pu faire le trouve pour vous c’est plutôt positif pour permettre aux joueuses de lever le pied un peu plus tôt, ou au contraire, vous auriez aimé avoir un peu plus de rivalité ?

Si je vous dis que j’aurais aimé que ça se décante plus tard, je mentirais. Quand nous avons été à Nice en avril lorsque nous gagnons la montée. Nous avions un match d’avance et huit points de plus. Si nous avions perdu ce match, nous serions ressortis avec cinq points d’avance et potentiellement deux avec notre match en plus ! Ça aurait totalement relancé le championnat si Nice avait réussi à gagner derrière. Chose que l’on ne saura jamais. Mais ça aurait pu jouer dans les têtes. On était bien heureux d’avoir fini le travail à Nice et de pouvoir continuer à travailler sereinement le dernier mois.

Contre un bel adversaire comme Nice, avoir su éviter ce piège et glaner les points qu’il fallait pour finir c’est aussi un gage de force mentale pour votre groupe !

Oui, c’est un peu la composante que nous avons ressortie avec le staff. Plusieurs fois dans la saison, elles ont été trouver des ressources surprenantes. Ce groupe était plein de ressources. Lors de matchs où nous étions beaucoup moins bonnes, nous avons tout de même réussi à prendre des points. Je tire sur le coup mon chapeau aux joueuses. À Nice, nous avons été pas mal bousculée et elles n’ont pas paniqué pour aller se chercher le résultat à la 90ème. C’est super plaisant d’encadrer un groupe capable de se prendre en main et capable d’aller chercher quelque chose sans forcément maitriser son sujet.

Place maintenant à la prochaine saison et votre retour en D1. Vous savez que c’est un gros challenge qui vous attend pour éviter de faire l’ascenseur. Quel sera votre plan d’attaque ? Elargir le groupe ? Garder votre noyau dur ?

Le plan d’action, c’est de garder une stabilité par rapport au groupe que nous avions l’an passé. Après bien sur que nous travaillons pour l’étoffer et gagner en homogénéité pour pouvoir rivaliser avec certaines équipes en D1 l’an prochain pour se donner la chance d’y rester. On a choisi de garder une bonne partie du groupe, et de donner la chance aux filles qui sont montées. Maintenant, on travaille à recruter des profils qui nous plaisaient et qui rentrent dans la mentalité du club et de ce qu’on recherche pour espérer rester en D1.

La priorité demeure donc de garder en cohésion de groupe…

L’objectif n’était pas de tout défaire mais plutôt de donner la chance à un maximum de joueuses qui ont participé à ça de pouvoir découvrir la D1 l’an prochain. Certaines vont aussi redécouvrir la D1 car elles étaient déjà là avant.

Au-delà de la cohésion qui aura son importance, à quoi se jouera le maintien l’an prochain selon vous ?

Le maintien se jouera lors des confrontations directes avec les clubs qui risquent d’afficher le même objectif que nous. Il faudra à minima les gagner chez nous, et glaner des points à droite à gauche en s’appuyant sur les valeurs qui sont celles du RAF. Il faudra être capable de courir, d’aller se bagarrer, d’être solides et d’aller chercher des ressources supplémentaires par rapport à celles montrées cette année.

On sait qu’en D2 la saison prochaine sera spéciale avec la réforme pour la création de la D3. Beaucoup d’équipes vont se renforcer pour être dans les six premières. On peut dire que vous êtes montées la bonne année !

Moi ce que je regarde surtout c’est que nous allons batailler pour garder le droit de rester en D1. Le fait que la réforme soit passée une année où nous sommes au-dessus, c’est un petit bonus, mais ce n’est pas ce que je vais regarder.

Le RAF c’est avant tout un club formateur. Est-ce que vous avez déjà quelques jeunes joueuses de la réserve ou des équipes jeunes qui pourront prétendre à votre aventure en D1 selon vous ?

Aujourd’hui nous avions déjà quelques jeunes dans l’effectif. Nous avions 21 ans de moyenne d’âge cette année ! C’est assez jeune. Sur les jeunes, certaines seront intégrées ponctuellement lors de séances de travail mais à ce jour non il n’y a pas de joueuse qui y prétende. On y travaille. On réfléchit à quand intégrer occasionnellement. Même si dans un premier temps, ce n’est qu’occasionnellement, intégrer des joueuses qui jouent en R1, en U18. Ce qui est déjà fait quand il y a des pépins et qu’il manque du monde. On fait régulièrement jumper des joueuses de la R1 ou des U18. La marche est haute. L’idée est d’arriver à nourrir l’équipe une avec des filles du cru. Maintenant, ce n’est pas toujours évident.