A.Zailel (JET) « Si tu joues à la JET, c’est avec l’ambition de monter »

A.Zailel (JET) « Si tu joues à la JET, c’est avec l’ambition de monter »

11 juillet 2022 0 Par Nicolas Portillo

S’ils viennent d’apprendre leurs adversaires pour la saison 2022-23, les joueurs de la JET se seront offerts une saison exceptionnelle en D1 Haute-Garonne en 2021-22. L’ancien joueur du Rodéo, Amirouch Zailel, aura été à 39 ans l’un des piliers du projet mis en place par le coach Mh Belmelih. Même si aux yeux du joueur, l’aventure ne fait que commencer.

Montée en R3 avec in fine le titre de champion de D1. Tout d’abord on peut dire félicitations !

Merci, ça n’a pas été facile, mais nous y sommes arrivés.

C’est finalement sur un finish en apothéose que vous glanez ce titre, contre une équipe de Landorthe qui jouait sa tête en D1. Tout était réuni pour faire un match d’exception !

Oui on s’attendait à un match compliqué et difficile. Notre objectif ce soir-là était de ramener les trois points pour avoir le titre. C’est ce qu’on a fait. Nous avons été cohérents tout au long du match. Landorthe nous a bien pressés. On a été surpris au premier quart d’heure. Mais au fil du temps, ils ont un peu lâché. On a mis des buts quand il fallait et malgré ça, ils n’ont pas lâché. C’est le résultat de la saison. Le coach et le staff on su mettre ça en œuvre. Quand tu te retrouves à 20-25 à l’entraînement en février et que tu prends les matchs à fond pour l’équipe, c’est là que s’est faite la différence. Quand tu vois D1, R3, R2 et je dirais même peut-être R1, il n’y a que le physique qui change.

Cette analyse, tu la fais par rapport à l’intensité des matchs où aux contenus rendus par les JET ?

Par rapport à l’intensité des matchs. Après pour la JET, par rapport aux joueurs qu’on a, je pense que l’on peut prétendre jouer plus haut. S’il n’y avait pas ce covid, on serait déjà en R2 je pense. Ce n’est pas être hautain. Nous avons certains joueurs qui ont joué à un certain niveau. Et nous avons gardé cette cohésion de foot. Tu peux prendre de l’âge, mais le ballon tu le gardes. Avoir ce respect mutuel, quand tu respectes l’équipe adverse, il n’y a pas photo et rien ne peut t’arrêter. Le match contre le TOAC a été une délivrance et depuis cette rencontre, nous n’avons perdu aucun match. On a été à la lutte jusqu’à la dernière journée contre Pibrac. Une équipe que nous avons toujours respectée. Ça n’a pas toujours été facile. Tu joues ce bonus au dernier match et ça a été en notre faveur.

Toi qui a une expérience de la CFA, que préconises-tu pour la saison à venir des JET ? Afficher l’ambition de monter ?

C’est l’ambition de la JET. Si tu joues à la JET, c’est avec l’ambition de monter. Il n’y a pas d’autres alternatives. Quand tu joues au foot, c’est pour gagner les matchs tout simplement. On avait coutume à dire que si nous perdions les matchs, c’était nous même qui l’avions perdu. Il y a ce respect du maillot. On a eu des joueurs qui ont joué en Ligue 2 et ces joueurs quand ils étaient là, ils amenaient un état d’esprit impressionnant au sein de l’équipe. Ils te faisaient comprendre par leur attitude que malgré là où ils ont joué, eux tout seul, ils ne sont rien. Même moi à 39 ans, j’ai appris d’eux. Ça a appris à beaucoup de joueurs. Notre coach a amené cette cohésion où nous ne pouvions que réussir. Ils avaient été chef d’orchestre avec leur staff. À 7h du matin ils sont déjà au club à préparer le match, que l’on ait nos bouteilles d’eau en D1 ! Quand j’ai joué en CFA, ça je ne l’avais même pas.

C’est un peu cette organisation et cette motivation qui font votre force en quelques sortes.

C’est ça, tu peux jouer en D1 mais sincèrement tu prends plus de plaisir qu’en R1. Les joueurs en R1, ils prennent leur billet et qu’ils perdent ou qu’ils gagnent, c’est pareil. Nous, on ne prend pas 1€ mais si tu perds, tu ne dors pas pendant trois jours.

Toi à 39 ans, tu as connu la CFA et le haut niveau. Quelle est la saveur de ce titre de D1 à tes yeux ?

Il est magnifiquement sincèrement. Je suis davantage fier d’être champion de D1 que d’avoir joué en CFA. Je suis fier des coéquipiers que j’ai cette saison, que j’ai eu la saison dernière. Des joueurs qui ont tout fait pour amener ce club où il est. Je suis fier du staff, des jeunes qui vont arriver avec les U17 qui montent en Nationaux. C’est un travail de longue haleine. Tu ne peux pas laisser un grain de sable enrailler ça. On a un objectif au niveau de la saison prochaine, c’est la R2. On ne va pas s’en cacher. On n’y va pas en se disant que l’on verra comment c’est, sinon je vais en loisirs. Non ce n’est pas ça.

Cette aventure en R3, à 39 tu ne freines pas du coup ?

Ça sera à moi de gérer. J’ai un coéquipier à moi qui me dit que de toute façon maintenant à notre âge, si on compte être à 100 %, on ne jouera jamais. Ça veut tout dire. Tu apprends à te gérer. On a un staff très compréhensif par rapport à ça. Dans la vie tu as des pépins physiques, des staffs vont te dire qu’ils te veulent tout de même à l’entraînement. Là non. Tu as besoin de repos ou d’être sur le banc, c’est bon. Il y a aussi des jeunes qui composent l’équipe. Avec un bon recrutement, ça amènera à avoir un bon groupe l’an prochain pour prétendre monter en R2 et essayer faire un bon parcours en Coupe de France pour se faire plaisir et jouer contre de grosses équipes. Quand tu vois que derrière de grosses équipes de R3, R2 ou R1 viennent appeler la JET pour faire des matchs amicaux, ça parle d’elle-même. On est aussi une belle équipe. Quand tu sors d’un match et que les arbitres te glissent qu’il leur tarde de t’arbitrer au prochain match.

Avec des briscards comme toi ou votre capitaine qui a 43 ans, tu n’as pas peur que la jeunesse vous fasse parfois défaut contre des équipes de R3 ?

En fait si tu te bats pour le club, pour l’équipe et ton maillot, sincèrement rien ne nous fait pas. Je ne dis pas que tous les matchs tu vas les gagner 5-0. On sait très bien que la R3, c’est l’ancienne PH, c’est très compliqué. Mais nous avons un vivier tellement important de joueurs que je n’inquiète pas. Au niveau de l’âge, nous sommes davantage au niveau sénior-vétérans que séniors, mais ça ne nous fait pas peur. L’an prochain j’aurais 40 ans mais quand je vois la façon dont je cours… tu dois avoir une bonne hygiène de vie et continuer comme ça. Je sais que ça sera très difficile. On ne va pas arriver en disant on est la JET, poussez-vous laissez-nous passer. Même cette année, nous avons joué des matchs très compliqués. Mais on en reparlera à la mi-saison. J’ai confiance en mes coéquipiers et au club.