B.Vidou (L’Union St Jean) « J’étais plus un couteau suisse qu’autre chose »

B.Vidou (L’Union St Jean) « J’étais plus un couteau suisse qu’autre chose »

14 juillet 2022 0 Par Nicolas Portillo

Benjamin Vidou aura vécu une dernière année assez sensationnelle avant de raccrocher définitivement les crampons. Le doyen de cette équipe de L’Union St Jean aura su se montrer disponible et à l’écoute de son coach et de ses coéquipiers pour aller chercher une montée historique en National 3 pour le club Haut-Garonnais.

L’Union St Jean a réalisé une très belle saison en allant chercher le titre de champion de Régional 1. Qu’est-ce qui a fait la force d’un groupe que personne n’annonçait vainqueur en début de saison ?

C’est vrai que même nous, nous ne l’annoncions pas. Ce n’était pas dans les objectifs que nous nous étions fixés. La force c’est la valeur ajoutée des recrues qui sont arrivées et ont bien réussi à s’intégrer au groupe. C’est aussi une sincère solidarité entre les joueurs. Que ça soit sur des événements un peu plus légers ou des faits graves durant la saison, il y a toujours eu une énorme solidarité entre les joueurs. On voit que sur la durée, ça créé une cohésion. C’est aussi un facteur de notre saison incroyable.

Vous-même au vue de vos performances où vous situez-vous ? Plutôt en gros instigateur de cette belle saison, ou vous auriez pu faire un peu mieux ?

Je suis le joueur le plus âgé du groupe mais ils m’ont très bien intégré. J’étais davantage un élément qui a contribué, plus un couteau suisse qu’autre chose. Je remercie Greg de m’avoir fait jouer latéral droit, latéral gauche, axial droit, axial gauche voir même six sur des rentrées. Pour moi c’est vraiment l’ensemble du groupe qui a fait une bonne saison. Des individualités, on en a, mais quand on voit le nombre de joueurs qui ont été décisifs tant en tant que buteurs que de passeurs, c’est vraiment le collectif qui prime. Quasiment tous les joueurs ont marqué cette année. C’est aussi le signe d’une belle force collective.

D’une force collective, mais aussi d’une régularité car la première place vous a vite été privatisée !

Oui et on se souvient aussi qu’on revient de loin. Après trois journées, on avait zéro point. On avait réussi à gagner trois points sur tapis vert après le troisième match. Mais pour autant, l’esprit de solidarité y était. Après la deuxième défaite à Papus, on a un gros discours où des joueurs prennent la paroles en expliquant qu’il ne faut pas s’affoler, et que ça va arriver. Même Mathias Capdeville dit que nous sommes en capacité de gagner tous les matchs, ou presque tous les matchs. Au final, c’est ce qu’on a réussi à faire. On a fait 19 matchs sans défaite. On ne fait pas ça avec 14 joueurs. C’est vraiment un groupe et c’est ce que je veux valoriser cette année. Sportivement on fait une excellente saison, mais humainement, nous avons vécu des moments aussi très forts.

C’était aussi une saison particulière pour vous, car c’était la dernière. On peut dire que vous partez au summum avec cette montée en N3 !

Oui clairement. Je suis revenu au club en 2019 après deux ans sans foot. Je me souviens d’un coup de téléphone avec Greg (Sorroche) alors que j’étais en Australie. Je suis revenu en équipe deux au début. Si on fait le bilan aujourd’hui, il y avait un septième tour de Coupe de France, une première pour le club, une montée en National 3, aussi une première pour le club. Ils m’ont même décerné, ironiquement lors du dernier match, le prix Puskas d’Or pour le but le plus dégueulasse de la saison. (rires) Quand je suis revenu au club, je connaissais déjà des personnes. C’est aussi ce qui m’a fait revenir. Mais j’ai réussi à rencontrer de nouvelles personnes qui sont maintenant mes amis. Je pense notamment à Anthony Gilles. C’est vraiment quelqu’un d’important, le meilleur de L’Union et un joueur à suivre en N3.

Vous êtes revenu post-fusion entre L’Union et St Jean. Ce fut un peu l’occasion pour vous de voir l’avant et l’après fusion !

Oui, déjà dans les instances dirigeantes. Nous sommes passés à deux présidents. Ça fait écho à une citation que j’aime bien qui dit que l’on récolte ce que l’on sème. La fusion date un peu maintenant. Il a été mis en place un projet sportif et des moyens alloués : des moyens techniques pour que les coachs travaillent dans de bonnes conditions, mais aussi logistiques et ça prouve que le club a grandit dans le bon sens pour arriver à ce championnat de N3.

Clap de fin pour vous maintenant. Quand est-ce que vous avez pris cette décision d’arrêter ?

Déjà, l’année dernière sur la saison 2020-21, je me suis aperçu que les quatre coachs en équipe une et deux étaient quatre anciens coéquipiers. Ça a commencé à faire un peu écho. Mais après, c’est aussi l’exigence que nécessite ce niveau. Lorsque je m’investis dans un projet, je le fais à fond. J’arrive à une période où ça devient difficile de concilier vie professionnelle, vie personnelle et foot. Quand on veut faire les choses bien, il faut s’investir à 100 % et là, je ne suis pas en capacité de pouvoir m’investir sur la saison prochaine. Si ce n’est de temps en temps au bord de la main courante.

Et ça ne vous a pas titillé de rempiler pour une année de plus pour tenter l’aventure N3 avec L’Union St Jean ?

Forcément mais après j’ai déjà connu ce niveau plus jeune. C’est un niveau très exigent. Ça sera une saison très longue où il faudra beaucoup de solidarité. Je sais que ça prend beaucoup de place sur la saison. C’est plutôt cet élément qui me fait dire que ça allait être compliqué. Aussi parce qu’il y a de très bons joueurs. Je ne laisse pas le club sans rien, je le sais. Ils ont vraiment la capacité de progresser et de faire une excellente saison. Mais pour ma part, je préfère m’éloigner un peu de tout cela.

Les crampons sont donc raccrochés, vous évoquiez la possibilité d’être le long des rambardes. Pourquoi pas en tant que dirigeant ou entraîneur ?

Dirigeant sûrement, pourquoi pas. Je suis déjà dirigeant d’une équipe d’amis que l’on a, le Fitou FC. Un rôle de dirigeant ça pourrait me convenir dans le futur.

On va faire quelques pronos, pour vous l’USJ en N3 ça devrait donner quoi ?

J’espère qu’on va rester sur la bonne dynamique de l’an dernier pour assurer le maintien le plus vite possible. Je me ferrais engueuler par le coach si je disais autre chose. Même si avec ce groupe, on s’aperçoit qu’il n’y a potentiellement pas de limite.

Et au vue de la progression du club sur ces dernières années, est-ce que sur le long terme une pérennisation en N3 voir jouer la montée en N2 peut être envisageable ?

Pour moi ce qui sera important c’est que l’équipe dirigeante garde la même philosophie et fasse étape par étape. La N3 c’est quelque chose qui n’était pas attendu, mais c’est travaillé depuis quelques années. On voit que des clubs y font des allers-retours donc il faudra d’abord se pérenniser à ce niveau. Quand on voit le nombre de licenciés du club et qu’on compare à ce qu’il se fait autour de L’Union, il y a clairement des possibilités. Mais il faut toute raison garder et faire étape par étape. Clairement s’ils continuent sur cette dynamique, il y a potentiellement de belles années à venir pour L’Union St Jean.

Vous avez une petite dédicace à faire pour finir ?

Oui, il y a d’autres joueurs qui arrêtent, ils faisaient parti du groupe deux, mais étaient au club depuis plus de 20 ans !J’ai donc un petit message pour Fabrice, Maxence et Andoni qui sont des joueurs historiques du club et qui arrêtent. Je remercie également l’ensemble du club et du groupe pour tout ce qu’ils m’ont apportés, spécialement Greg qui m’a fait confiance.