Débarqué de St Orens, le nouveau coach du FC Graulhet entend amener une rigueur sans faille auprès de ses poulains cette saison pour espérer performer derrière. S’il a des ambitions à court terme avec sa nouvelle équipe, qui descend de R1, il espère aussi construire pour le long terme au cœur du Tarn.

Vous quittez St Orens pour rejoindre Graulhet. Qu’est-ce qui a motivé ce changement de club ?

J’habite à Albi et je travaille sur Fonsorbes. Je me rapproche de la maison pour le même niveau. Après, c’est un challenge à relever par rapport aux objectifs du club. À St Orens, on est descendus comme Graulhet. Mais je pense qu’ici, il y a plus d’ambitions de remonter plus vite. St Orens est dans la banlieue Toulousaine avec très peu de moyens. C’est le choix de me rapprocher de la maison et d’avoir plus d’ambitions de remonter sur les deux-trois années qui arrivent.

Même si le groupe a bougé cet été, vous avez pu les affronter la saison dernière. Qu’avez-vous pensé de vos affrontements ?

C’est une équipe très compacte. Ils prennent des buts, mais individuellement, ils ont de bons joueurs. Ce que j’amène c’est beaucoup de changement par rapport aux quatre-cinq joueurs que le club ne voulait pas garder et amener un souffle nouveau, des gens des l’extérieur. Ça fait deux-trois ans qu’il y avait le même groupe à Graulhet. Avec de bons et de mauvais passages. Je me souviens de cette équipe en R3 et R2 qui est montée avec Patrice Insa, le cocon est resté. Chaque année ils ont recruté mais ce n’est pas trop rentré dans le moule. Le cocon y est toujours, mais c’est à moi de compléter avec des joueurs que je connais de l’extérieurs qui amèneront ce souffle nouveau et repartiront avec un nouvel élan positif. Le noyau dur des 7-8 joueurs y est. À moi d’amener les manques qu’il y a à certains postes. Depuis la R3, je vois qui joue et qui ne joue pas. À moi d’amener des joueurs qui s’entraînent. Dans le Tarn c’est assez compliqué de voir les joueurs s’entraîner. Pour eux, un entraînement par semaine, ça suffit. Je dois amener ça aussi. J’aime être rigoureux sur les séances. S’entraîner à sept ou huit, ça ne me va pas. J’aime être avec au moins 16 joueurs. Après il ne faut pas se leurrer, on est un peu tenus par les joueurs dans le Tarn. À moins d’avoir des joueurs comme Albi Marssac qui trouvait des joueurs un peu partout. Financièrement ça devient un gros club. Il n’y a que St Juery qui arrive à tenir un peu le cocon avec François Julien qui fait ça bien. Le reste, ça vivote.

Vous aurez également une difficulté, la concurrence de Lavaur, qui sera un concurrent direct l’an prochain en R2. Ils ont le vent en poupe et peuvent être un rival tant sur le terrain que niveau recrutement !

Après Lavaur, ils ont plus de billes que nous et ils attirent plutôt des Toulousains. S’ils montent depuis trois ans ce n’est pas avec des Tarnais mais avec des gars de l’extérieur. Ils prennent des gens passés jeunes par le club et qui reviennent. Nabil Moussi qui arrive à Lavaur vient aussi avec quelques joueurs de St Alban. Ce ne sont pas des joueurs Tarnais qui partent de Graulhet ou St Sulpice pour Lavaur.

Dans votre schéma, vous visez donc des joueurs Tarnais qui auront envie de mouiller le maillot pour la patrie comme on dit !

Quand tu habites Lavaur, Graulhet ou les environs, les joueurs veulent jouer à un bon niveau et partent souvent sur Toulouse. Les meilleurs sur place, il faudra déjà les garder. Le meilleur recrutement est de garder nos meilleurs joueurs. Il n’y a plus cet amour du maillot comme il y avait avant. C’est comme ça.

Vous évoquiez les entrainements qui manquent de quantité. Qu’allez-vous mettre en place pour redonner à vous joueurs le goût de revenir aux entraînements ?

Déjà se respecter les uns les autres. On va avoir un groupe entre 20 et 22 joueurs. Quand on ne vient pas, prévenir l’entraîneur. On va faire les séances avec du jeu. La préparation physique va durer cinq semaines. Pendant ces premières semaines on va trotter, mais après que du jeu. Si le jeu est bien fait avec du rythme, ça équivaut à du foncier largement. Si tout le monde y est et adhère ça sera bon. Le problème c’est que tout le monde doit adhérer. Les brebis galeuses, s’il y en a une ou deux, elles vont s’écarter toutes seules. Même à l’US Albi, quand j’y étais, il y a eu 17 départs mais à l’entraînement on était toujours au moins 16. Après en terme de qualité des joueurs, on cible des gens et on verra. Je me suis fait accompagné par un adjoint que j’avais à St Orens, il est entraîneur des gardiens. Il a ciblé des gardiens, et nous avons tous deux ciblés des joueurs. On a le droit à six mutés. On va attendre que la mayonnaise prenne. Je pense que déjà le cocon reste. À nous d’amener des types qui peuvent se fondre dans ce cocon avec le même esprit.

Point positif pour Graulhet ce sont les bonnes performances de l’équipe réserve du FCG, championne de D3 et qui a gagné le Challenge Manens. Est-ce que faire travailler les deux équipes en symbiose sera important pour vous même si trois divisions vous éloignent ?

Si on regarde juste sur le papier, l’écart est un peu trop grand. Mais il y a de très bons joueurs qui jouent en D2 ou en D1. Pour moi les coachs de la une et de la deux doivent bien s’entendre. Les mecs qui jouent bien en deux chaque week-end, je vais le savoir. S’ils sont bons pendant plusieurs matchs, ils rentreront obligatoirement dans le groupe. J’en prends déjà trois qui étaient dans son groupe l’année dernière parce qu’on m’a dit qu’ils avaient du potentiel. Ça va être un vase communiquant. Les mecs un peu moins bons ou qui seront en retard sur la prépa passeront par la deux et vice-versa. Après il doit y avoir de la concurrence saine. Il faut que l’esprit soit bon. Ce n’est pas une punition si le joueur va en équipe deux. Il doit reprendre du temps de jeu. Ça doit marcher comme ça.

Et aussi essayer de réduire encore l’écart entre ces deux équipes ?

Oui ça serait bien de réduire l’écart. Après il faut avoir un gros effectif. Je ne vais pas taper dans les U20 ou les U19. Les clubs comme Graulhet ont besoin de formation. C’est compliqué d’aller chercher chaque année cinq-six joueurs. Il faut former des joueurs et même en District. S’il y en a deux trois qui peuvent chaque année intégrer l’équipe suivante, au bout de trois-quatre ans, on forme des équipes compétitives à tous les niveaux.

Et cette formation vous aurez un regard dessus ?

Je vais regarder jusqu’aux U18. Après, ce n’est pas ma mission. Les U18 car ils rentrent dans le vie active et qu’il n’y a pas d’âge pour jouer au football. Moi l’an dernier à St Orens, je prenais des jeunes de 17 ans pour préparer l’année suivante. Je les ai mis en R1. Il n’y a pas d’âge en football, un mec de 38 ans peut jouer, comme un jeune de 17 ans. Après plus bas je ne regarderais pas mais les U18 oui.