S.Proust (Pibrac II) « On va avoir une saison de transition avec beaucoup de départs et d’arrivées »

S.Proust (Pibrac II) « On va avoir une saison de transition avec beaucoup de départs et d’arrivées »

19 juillet 2022 0 Par Nicolas Portillo

S’ils ont vu la JET leur coiffer le titre au poteau, les joueurs de la réserve de l’US Pibrac ont réussi une très belle saison avec cette deuxième place et cette accession en Régional 3. L’occasion de resserrer les rangs entre l’équipe fanion et sa réserve, et de continuer la marche en avant du club opérée depuis quelques saisons. Il sait cependant que la saison à venir pourrait être importante pour l’avenir du projet et éviter de voir le club chuter à tous les niveaux.

Vous êtes donc montés en R3. On peut voir depuis plusieurs jours que vous préparez activement la prochaine saison avec pas mal de recrutement. C’est un bilan plutôt positif pour Pibrac. Certes vous ratez le titre, mais vous glanez cette montée en R3 !

Tout à fait. En fin de saison dernière, le recrutement de l’équipe première permettrait de jouer les premiers rôles en R1. De notre côté, l’équipe réserve avait le potentiel pour jouer les premiers rôles en D1. Même si le niveau était très relevé par rapport parfois à des poules de R3 où il est plus facile de jouer le maintien, que la montée dans des poules de D1 au niveau très élevé, de grosses équipes et des clubs qui ont plus de moyens. On savait qu’il y aurait deux montées, pour la dernière année une poule à 14 avec les refontes à 12. C’était pour nous l’occasion d’accéder en R3, ce qui est vraiment le projet du club en début de saison. Dans mon discours de début de saison, j’avais dit aux garçons que plus nous performerions en début de saison, plus on pourrait viser haut et plus l’appétit viendrait en mangeant. On a effectivement fait une superbe saison. Je dirais qu’on a rarement fait une telle saison en tant qu’entraîneur avec un total de 20 victoires sur 25 matchs. Ce qui est assez fort. On savait très bien qu’avec des réserves comme Seysses, L’Isle en Dodon, Salies Mane, Portet, le Girou on avait de sacrés morceaux dans la poule. Le Graal est au bout. Dés la mi-saison on s’était donné cet objectif d’être dans les deux premiers. Seysses nous a tenu un moment jusqu’à ce match retour chez eux où nous gagnons 2-0. A partir de là, la voie était libre pour terminer dans les deux premiers.

Avoir eu cette rivalité pour le titre avec la JET aura rendu la saison d’autant plus belle, même si le titre a glissé pour Toulouse…

Tout à fait, d’autant qu’on connaît bien le coach et les joueurs de la JET. À l’aller, on les bat contre le court du jeu. Au retour, on perd chez eux en menant 2-1 à la 90ème. On prend un pénalty et un but, selon moi sur hors-jeu à la 96ème. Ils nous ont rendu la pièce sur le match retour. Mais c’était une belle rivalité avec des joueurs qu’on respecte. Il y avait une rivalité mais tant au match aller qu’au retour, ça s’est bien passé dans un très bon état d’esprit. Sur l’ensemble de la saison, c’est la logique. Ce sont les deux équipes qui ont maîtrisé de la tête et des épaules cette poule de D1.

Place maintenant à la prochaine saison. Vous faites pas mal de recrutement à l’US Pibrac. Vous ne faites pas comme on dit un petit tour et puis s’en va !

Le seul petit souci, c’est qu’en fin de saison, nous avons eu l’annonce du départ de JR Badaracco. Il avait des objectifs plus élevés. On sait que le club est financièrement limité. On ne paye pas les joueurs, on a juste des primes. En R1, quand on veut jouer les premiers rôles et la montée en N3, il faut avoir de l’argent. À Pibrac, malheureusement, JR était arrivé au bout et il est parti à Muret. Avec son départ, pas mal de joueurs partent aussi. Il y a un renouvellement de l’équipe première avec de nouvelles arrivées, des jeunes qui étaient dans l’équipe deux qui auront leur chance en une. On va avoir une saison de transition avec beaucoup de départs et d’arrivées. Je pense qu’on aura une saison où nous voulons jouer le maintien pour les deux équipes et peut-être un peu plus avec les matchs qui s’enchaînent. Honnêtement, ça va être une saison assez dure. Ça sera la première saison avec deux équipes en Ligue à Pibrac, sachant que l’équipe trois monte en D2. Il nous faut donc du monde avec les séniors. Comme on en perd, on en récupère. C’est la loi de l’argent qui domine dans ces clubs. On ne peut pas rivaliser. On essaye de trouver des jobs, fidéliser quelques jeunes, mais on sait que l’appel des sirènes d’à côté est un peu plus fort.

Malgré tout cette recette fidélisation, de club de potes, ça marche. Pibrac n’était qu’une équipe de R3 il y a quelques années est aujourd’hui dans le top 5 de R1 avec sa réserve en R3 et son équipe trois en D2 ! Le club a le vent en poupe !

Le club a le vent en poupe comme vous dites. Mais c’est surtout un club où il fait bon vivre. Je vois JR est resté neuf ans. J’en suis à ma huitième année. C’est un club avec un président fidèle à ses entraîneurs. Il ne fait pas la valse des coachs dés qu’il y a un mauvais résultat. L’alchimie fait qu’à l’arrivée d’un joueur, à part cette année, mais sinon ils veulent tous rester. On a de la joie de vivre. Le club-house est souvent animé. Malgré les deux années covid qui ont un peu plombées tout ça, la solidarité est restée. Le club évolue, la jeunesse aussi évolue. On a obtenu les deux labels chez les jeunes et les féminines. C’est un club en pleine progression. Je suis arrivé au club, il y avait 250 licenciés, l’an dernier nous étions 560 ! C’est un club en pleine évolution. Je pense qu’on arrivera aux 600 licenciés d’ici la fin de saison.

Un fait assez marquant car avec ces deux années covid, beaucoup de clubs affichent des chiffres plutôt en baisse !

On a su fidéliser pendant le covid en mettant tous les protocoles en place. Nous avons continué nos entraînements. Notre force c’est aussi d’avoir un terrain synthétique depuis quatre ans. Avant nous n’avions pas cet outil. Le synthétique nous permet de nous entraîner tout le temps. Au niveau des séniors, j’avais tout le temps en moyenne entre 12 et 15 joueurs à l’entraînement. On n’avait pas le souci d’arrêté municipal sur le terrain ou ce qui va avec. Le synthétique nous a fait du bien. On grandit, mais les installations ne grandissent pas. On nous a refait cette année le terrain qui devrait être meilleur pour l’année prochaine. Mais il va nous manquer un terrain. Nous sommes en affaire avec la maire du village, madame Pouponneau pour un deuxième terrain qui devrait sortir de terre d’ici deux-trois ans avec de meilleures installations.

Je rebondis sur l’évocation de madame la maire, madame Pouponneau. C’était par le passé un sujet délicat, mais aujourd’hui vous avez une mairie qui vous soutient et ça doit aider aussi au développement de l’USP !

Tout à fait, pour ça, Camille est très proche du club. Nous avons beaucoup d’interaction avec elle. Ce que l’on demande, en principe, on l’obtient. Cette année nous avons mis une nouvelle buvette avec un petit chalet que la mairie nous a installé. On essaye de bricoler. On bricole avec les moyens du bords. La mairie nous aide. Nous sommes en plein développement. La cellule sponsoring est aussi à la recherche de nouveaux sponsors, les licences, ça ne fait pas tout. C’est un club qui a l’ambition de se maintenir en Ligue. Jouer plus haut, je ne pense pas que nous ayons les infrastructures ou les reins assez solides pour ça. Mais si nous pouvons maintenir nos équipes à ce niveau quelques années, ça serait vraiment un bon objectif.

Vous avez évoqué le fait que ça soit une saison de transition cette année. Quels seront les objectifs de Pibrac dans un an du coup ?

En restructurant un peu, l’objectif est de faire évoluer nos équipes de jeunes pour les faire jouer au meilleur niveau. Au niveau de la préformation, un gros boulot a été mis en place et qui portera ses fruits d’ici deux-trois ans avec des joueurs qui pourront j’espère monter en séniors. Après, nous savons que nous sommes attractifs. On perd du monde, mais on en récupère. On a une bonne image en prenant peu de cartons. On se comporte bien. On essaye de garder ces atouts qui rendent Pibrac attractif. Après, nous sommes confrontés à ce gros problème financier. Si on voulait franchir une étape avec la N3, il nous faudrait d’autres installations et un apport financier à aller chercher. Le club a besoin de ça comme beaucoup de clubs. Mais sportivement, je ne me fais pas d’inquiétude. Beaucoup nous prédisent des résultats comme Cazères, c’est-à-dire que l’on fasse une saison catastrophique. Je ne crois pas. Déjà, tous les joueurs sont motivés. On a fait un pari sur beaucoup de jeunes joueurs. Le recrutement se fait sur des jeunes de 20-25 ans qui ont déjà joué en Ligue. Ce sont des paris sur des joueurs. Ça peut partir super bien comme jouer le maintien. Le début de saison sera important. On aura un préparateur physique, un entraîneur des gardiens. On restructure avec ce qui nous manquait. L’apport du préparateur physique sera très important pour les deux groupes régionaux. Il travaillera aussi avec le reste de la structure. Nous avons un président jeune et ambitieux. Je pense que sportivement nous allons y arriver et on y croit tous. La trêve sera très courte. Mais nous avons déjà les calendriers des matchs de préparation avec des bonnes équipes à rencontrer. On va jouer des Nationaux pour aussi bien se préparer. En septembre nous allons attaquer un championnat que certes l’équipe découvre mais nous avons plusieurs joueurs qui ont déjà joué en R2. Ils ont peur d’entrer dans la catégorie des vétérans et je pense qu’ils sont motivés pour insuffler à tous les jeunes qui arrivent les valeurs du club de Pibrac.