Après une saison sauvée au bout du bout en D2 en remportant les barrages d’accession pour rester justement en D2 féminines, les Nîmoises ont pu engranger une expérience solide à ce niveau de compétition. La coach Gardoise, Gabrielle Taves compte s’appuyer sur cet esprit de corps et la solidarité née dans le dur de la dernière saison pour pourquoi pas créer la surprise dans une saison qui s’annonce encore rude avec six descentes pour la création de la D3.

On attaque cette nouvelle saison quasiment sans coupure pour vous après les barrages pour rester en D2 féminines. Comment on gère une transition si courte entre les deux saisons ?

On a demandé aux filles de vraiment couper complètement. Pendant un mois, il n’y avait pas de programme rien et juste qu’elles soufflent. Effectivement ça fait relativement court.

Vous ne craignez pas que les organismes en souffrent pour la saison à venir ?

C’est sûr qu’à un moment donné, avec l’hiver, on va avoir un coup de mou. On a l’effectif pour pouvoir faire tourner et permettre à certaines de souffler. Après, on a eu la chance d’avoir un effectif assez homogène cette saison pour pouvoir faire tourner. Il y a aussi l’envie de changer l’issue. On est allé aux barrages. Elles ont à cœur d’éviter de revivre une saison similaire.

Ça sera d’autant plus une saison particulière. Il faudra finir dans le top 6 pour rester en D2. Ça annonce une saison compliquée où personne ne va rien lâcher ! Ça se voit aux recrutements importants qu’ont fait les équipes !

Oui ça va être une saison à la fois compliquée, mais à la fois ça enlève une pression car si ça descend, ça reste sur un niveau national en D3. Mais ça vaut aussi le coup de s’accrocher avec la D2. C’est peut-être un peu moins de pression tout de même. L’an dernier, si on descendait de D2 c’était pour retomber en R1. On sait combien c’est compliqué en étant en R1 de remonter. Là, on a un coussin d’atterrissage qui reste la D3, sachant qu’il reste encore six descentes. Ça enlève un peu cette pression pour ne laisser place qu’à l’ambition.

Il y a donc eu pas mal de mouvements dans les effectifs cet été. Vous avez vous-même annoncé de nouvelles recrues intéressantes pour renforcer quelques manques qu’il pouvait y avoir…

L’avantage qu’on a eu, c’est qu’on a conservé quasiment 90% de l’effectif sur des joueuses que l’on voulait garder pour avoir au final 5-6 recrues. Mais des recrues de qualité qui vont venir étoffer le groupe. Le groupe qui a travaillé la saison dernière est le même que cette saison avec ces recrues qui viennent bonifier le groupe. Ce n’est que du positif. On a déjà travaillé sur une saison entière, et ça fait beaucoup de travail en moins pour le groupe. Elles savent comment on veut jouer. Elles connaissent notre philosophie de jeu, et on connaît la leur. On s’épargne énormément de travail sur ce point. Il y a aussi beaucoup d’automatismes. Ma ligne défensive ne va quasiment pas bouger. On a un milieu de terrain qui s’est renforcé. Devant, on a des joueuses qui montent en puissance petit à petit. C’est prometteur. Si elles arrivent à travailler ensemble, ça peut être un groupe qui peut créer une surprise. On ne nous attend peut-être pas.

Vous évoquez une potentielle surprise après vous être sauvées sur le fil. Qu’allez vous mettre en place sur le terrain pour provoquer cette surprise ?

La différence avec la saison dernière c’est qu’on sortait de quasiment 1 an et demi de covid. Même si nous avions réussi à un peu nous entraîner, beaucoup de nos recrues n’avaient quasiment pas pu s’entraîner. Du coup, on a opté pour les notions de plaisir, de ballon et on a mis la notion de prépa physique pûre de côté. C’est ce qui nous a fait défaut sur plusieurs matchs où nous avons du mal à finir, où on prend des buts un peu sur la fin parce qu’on pioche un peu. Là elles vont avoir une grosse prépa physique, à l’image de nos barrages où nous avons été au-dessus. En mai, nous avons énormément travaillé physiquement pour être prêtes en juin. Du coup, il y a de bons restes aussi. Ça permet d’aller beaucoup plus vite. C’est pour ça que nous sommes reparties après tout le monde en ayant fini bien après aussi mais avec ces bons restes. L’avantage c’est qu’elles maîtrisent le système de jeu. Elles savent ce qu’on attend d’elles. La différence sera physiquement où nous serons une équipe beaucoup plus performante. C’est une équipe jeune qui commence à prendre. Elles ont un peu de mal à prendre la mesure de la D2. Là, ça fait une saison pleine où elles ont pu voir ce que c’était. Ça va énormément contribué à des changements pour cette saison.

On peut avancer que la saison passée était une saison de transition réussie au final !

C’est ça. On était montées la saison d’avant. Vu qu’elle a été coupée après six matchs, on n’a pas pu travailler dessus. La saison dernière c’était avec énormément de jeunes qui ne connaissaient pas forcément ce niveau mais qui avaient un très bon potentiel. Passer de U19 à D2, ça reste quelque chose d’important. Elles avaient besoin de prendre la mesure du championnat. Elles ont eu la saison pour la prendre. Elles ont eu l’expérience des barrages où c’est dur psychologiquement. C’est beaucoup de pression. Elles savent à quoi s’en tenir cette saison, ce qui les attend et elles ont emmagasiné beaucoup d’expérience. Ce n’est que du bon pour nous.

Dernière question, lors de cette prépa vous devez faire un focus sur le physique et la cohésion j’imagine ?

C’est ça. Là on sort d’une randonnée de deux jours. On s’est servi de ce qu’on a dans le Gard pour travailler. On a fait une randonnée de deux jours au bivouac, sac à dos et duvets pour les mettre un peu dans le dur. Nous avons fait 25 km dans un peu plus de 1200 mètres de dénivelés. Ça a piqué un peu et ça a fait du bien de prendre l’air et de faire autre chose que du football.