Arrivée à l’US Colomiers à 14 ans, Charlène Sorribas a pu s’épanouir dans le football avant de connaître d’autres aventures dans la région Toulousaine. Bien ancrée dans la cité Columérine, l’éducatrice a souhaité revenir au sein du club, il y a six ans, pour mener à bien un projet qui lui tenait à cœur : ouvrir une section féminine à Colomiers.

Vous êtes l’un des personnages importants de la création de la section féminine à l’US Colomiers. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur votre parcours global dans le foot ?

J’ai commencé le football à 14 à l’US Colomiers. Jusqu’à mes 19 ans, j’ai été en doublon avec certains éducateurs comme Philippe Seban. Après j’ai fait une pose et je suis revenu au club il y a six ans pour monter la section féminine. J’ai été éducatrice U0 à Ramonville pour les garçons après j’ai fais les U16 féminines de St Simon…

Et comment s’est passé votre retour à Colomiers il y a six ans ? C’était une proposition du club ? De votre part ? Des deux parties ?

En fait c’est un peu des deux. J’étais ancrée à Colomiers, j’y vis depuis toujours. J’ai proposé le projet de monter la section féminine avec Maxime Bau. Au départ, c’était juste une équipe féminine sénior de foot à 8. Mais la même année, nous avons monté les U9 féminines. J’encadrais ces U9 et en parallèle les séniors foot à 8. Je ne voulais pas créer une école de foot féminine sans qu’elles aient la vision de pouvoir rester à l’US Colomiers. L’idée c’était de dire si je m’inscris à 9 ans à l’US Colomiers, si j’ai envie, je peux y rester.

Ces U9 sont maintenant en U15. Qu’en est-il de la section féminine aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous avons une équipe dans chaque catégorie féminine des U7 aux séniors, deux équipes séniors, l’année prochaine, deux équipes U15 à 11, une qui évoluera en district et une en ligue. Ce sont les jeunes U9 du début. On en a cinq qui sont là. D’autres se sont greffées entre temps, d’autres sont parties. Nos U15 Régionales seront représentées par les toutes premières filles qui ont connu la section foot. C’est un peu de fierté.

Et quelles sont vos responsabilité dans ce pôle féminin maintenant ?

J’ai pris un peu de recul sur le rôle d’éducatrice au sein de l’école de foot. Je suis responsable du pôle féminin des U7 aux séniors 2 qu’on a incorporé dans la formation, et je suis l’entraîneur également des séniors 2. Comme ça je suis garante de tout le projet sportif et éducatif du foot féminin. Je suis rattachée à Cédric Aït Ali avec qui je travaille depuis des années. L’équipe une reste l’élite, mais toujours en lien avec le projet sportif d’intégration des jeunes. Là, on intègre trois U18 sur le projet sénior en équipe fanion.

Vous avez toujours été ancrée à Colomiers du coup. C’est un projet qui devait vraiment vous tenir à cœur de pouvoir mener à terme ce projet !

Oui, l’US Colomiers c’est un gros club de foot sans féminine. Il y avait de la demande et pour moi c’était important que les filles puissent avoir accès à ce sport dans leur ville. Moi j’ai eu besoin de partir de Colomiers pour jouer. L’idée était qu’elles puissent évoluer dans leur ville sans que les parents n’aient à faire des kilomètres pour jouer au football.

Un objectif avec des résultats concluants en atteste la montée de votre équipe sénior en Régional 1 !

Oui, ça on a la chance d’avoir des résultats en plus. C’est chouette et ça donne de la visibilité à cette section féminine. C’est important.

Pour vous en tant qu’éducatrice, même si vous avez pris un peu de retrait maintenant, quelles missions vous vous donnez en tant qu’éducatrice auprès d’un groupe ?

Pour moi, la première chose, appartenir à un groupe, c’est un des besoins des enfants. Faire de ce groupe quelque chose de positif c’est très important. Le premier souci c’est de prendre du plaisir, avoir une place dans ce groupe, qu’importe le poste auquel on joue et nos compétences, il faut exister dans ce groupe. Moi en tant qu’éducatrice, c’est ce que je fais comprendre à mes éducateurs. Qu’importe le rôle qu’on a dans une équipe, chaque personne est importante et doit trouver sa place. Après ça passe par le plaisir, la formation, l’acquisition de certaines valeurs comme la solidarité, la bienveillance etc mais au final c’est pour que chacun existe et apporte au groupe. Ce n’est pas juste je prends au groupe, je consomme. C’est qu’est-ce que j’apporte également.

Votre profession en ALAE est également un atout pour cette vision…

(rires) Oui c’est ça je triche un peu. Mais je fais de mes éducateurs des animateurs. Ils donnent vie à la pratique de football.

Comment voyez-vous votre rôle dans l’avenir ? Quels projets comptez-vous mener à terme ?

Là je souhaite faire évoluer les classes foot. On a commencé à les implanter au collège Voltaire. Des jeunes filles ne seraient pas venues au club d’elles-mêmes. Elles peuvent maintenant intégrer le club grâce aux horaires aménagés. On va les chercher au collège, on leur fait pratiquer le football puis on les ramène au collège. On veut développer ça. Après, j’aimerais aussi amener les jeunes filles vers l’arbitrage. On n’en a pas à Colomiers. Et dernier objectif, j’aimerais developper le poste de gardienne, et bien sûr continuer à développer la section, mais tout en maîtrisant les effectifs. C’est le nœud de la guerre.