Après une saison stressante où il aura fallu attendre l’avant-dernière journée pour valider le maintien, l’AF Lozère repart pour une nouvelle saison en misant comme à son habitude sur la stabilité. Le coach, Maxime Teissier, veut porter les valeurs humaines de ce groupe pour créer de la cohésion sur le terrain et espérer avoir des résultats concluants.

Vous sortez d’une saison où vous avez du cravacher quasiment jusqu’à la dernière minute pour vous sauver en R1. La prépa doit être d’autant plus importante pour l’AFL pour éviter de retomber dans une saison compliquée…

Oui il nous a fallu attendre l’avant-dernière journée puisque la dernière journée on était sauvés quel que soit le résultat et malgré tout, on finit septième. Mais effectivement, ça peut être une forme d’avertissement dans lequel on sait qu’on doit d’abord être en vigilance d’assurer le maintien et c’est notre priorité au jour d’aujourd’hui.

A ce jour, quid des mutations au sein du club cet été ? Est-ce que vous avez eu des changements ou est-ce que vous avez gardé votre ligne de conduite : la stabilité ?

Effectivement, c’est une habitude chez nous d’essayer de miser sur la stabiliser, de travailler dans la continuité avec les joueurs et les hommes aussi. Ce ne sont pas que des joueurs. Ce sont des hommes avant tout. C’est une habitude du club. Il y a autre chose, c’est la dynamique sportive qui nous y encourage. Autant le début de saison a été en dent de scie, le milieu de saison a été mauvais, autant la fin de saison a été très bonne. Ça nous encourage à rester sur la dynamique de fin de saison avec peu de départs et quelques arrivées.

Cette dynamique de fin de saison, comment allez-vous tenter de la garder en place ?

Il y a plein de choses. Déjà, il y a des choses en termes de vie de groupe. Ça appartient aux joueurs de cimenter ce qui se fait de bien, c’est-à-dire un groupe qui vit bien, qui a plaisir à se retrouver ensemble et qui s’est aussi solidarisé dans les moments difficiles dans lesquels tout le monde a travaillé très sérieusement et très dur. Le groupe a fait preuve d’un état d’esprit extraordinaire. C’est la première des choses : garder cet état d’esprit. Après, on doit continuer à affiner tactiquement par rapport au projet de jeu : qu’est-ce qu’on veut faire, comment on veut le faire. C’est un double aspect. L’aspect humain, la vie de groupe et aussi l’aspect tactique, le jeu dans lequel on essaye de ne pas refaire les erreurs que l’on avait faites en début de saison dernière pour être de suite efficace.

Quand vous dites être efficace, c’est avec quelles ambitions ?

Les ambitions, c’est d’abord d’assurer notre maintien. J’aime bien cette maxime qui dit « pour savoir où tu vas, n’oublie pas d’où tu viens. » L’année dernière, tu as raison de me rappeler qu’on a douté à l’idée de savoir si on serait en R1 l’année suivante. C’est un mot faire, mais ce n’était pas certain. Il a fallu lutter pour le maintien. Je crois qu’il faut savoir faire preuve d’humilité, et de mémoire et se dire que l’objectif doit être celui-là. Si on était amenés à l’atteindre suffisamment tôt, pourquoi pas se fixer d’autres objectifs, mais la priorité c’est d’abord le maintien.

On va se pencher de nouveau sur le groupe. L’AFL est un club pas mal structuré, est-ce que l’idée a été donnée de rajeunir l’effectif avec de jeunes joueurs issus du cru ?

Il y en a certains. Chaque année, il faut régénérer un peu le groupe. On a inséré du sang neuf avec actuellement deux garçons en interne. Deux jeunes passés par la R2. Deux Enzo : Touboul et Labolle. Enzo Touboul est un jeune U18. Il pourrait jouer avec eux mais j’ai fait le choix de l’intégrer en R1 de par son investissement et sa qualité. En interne et en externe aussi. On a deux garçons de 21 ans qui nous viennent de la région Parisienne qui ont montré une grosse envie de venir avec nous, un superbe état d’esprit en venant sur la période hivernale, sur la période de Noël pour se montrer et participer avec nous. C’est quelque chose d’important pour moi et pour le club. Ils nous ont rejoint cet été.

On va évoquer cette poule A dans laquelle vous évoluerez. Elle est similaire à celle de l’an dernier. Quelques petits changements avec des promus comme Atlas Paillade, comme Chemin Bas, des équipes frustrées d’avoir raté la montée comme St Clément Montferrier. Que dire de ce groupe ?

Je pense qu’on a une poule de très grosse qualité. Pour moi, ça sera mieux que l’année dernière peut-être même largement. Quand je vois les deux équipes qui descendent : Nîmes et Fabrègues, c’est deux grosses machines. Quand je vois des équipes comme La Clermontaise et St Clément qui ne sont pas passées loin de la montée et seront revanchardes par rapport à ça. Quand je regarde aussi les équipes qui montent, je suis convaincu que ça va être deux collectifs de très bonne qualité. Je suis certain qu’il n’y aura aucun match facile et qu’il y aura de grosses équipes et une grosse adversité. Je pense notamment à Nîmes Olympique. Je ne sais pas quel est le projet. Mais quand on a une équipe en Ligue 2, d’avoir une réserve en R1, ça doit poser problème quelque part. Ils doivent avoir cet impératif de monter.

L’an dernier par rapport à cette poule A de R1, il était sous-entendu que c’était l’année pour monter car il n’y avait pas de tête d’affiche qui se dégageait du lot. Est-ce que c’est un avis que tu partages ? Que ça aurait pu être une possibilité manquée pour l’AFL l’an dernier ou ce n’est pas du tout à l’ordre du jour ?

Non je crois qu’à un moment donné on mérite ce qu’on fait. Ceux qui montent méritent de monter point. C’est de la philosophie. Si on a terminé septième, c’est qu’on méritait de terminer septième. À un moment donné ce sont les points qui comptent. Je félicite Bagnol car ils ont su monter. Plus facile, plus difficile, sincèrement je ne sais pas. Il avait une poule très homogène, c’est une certitude. Est-ce qu’elle le sera autant cette saison, point d’interrogation. Mais en tout cas, je sais qu’il y avait des équipes à la neuvième ou dixième place qui étaient de très bonne qualité. On a joué notre dernier match à Frontignan contre une superbe équipe. C’était très homogène hormis Lattes et Portiragnes qui ont été un peu plus en difficulté. Cette année, qu’est-ce que ça donnera ? Point d’interrogation. Effectivement il y a peut-être trois-quatre équipes qui sont peut-être un peu plus programmés pour pouvoir jouer la montée. Maintenant la vérité c’est le terrain.

Tu évoques une poule plus homogène l’an dernier. Est-ce un tord ou un bien qu’elle ait été si homogène ?

Cette année je ne sais pas si elle était homogène. L’avenir nous le dira. Je ne suis pas fan des pronostics. Je vois les faits. On verra ce que ça donne. Ce qui est certain c’est qu’avec une poule homogène on savait que ça serait difficile tous les week-ends à domicile, comme à l’extérieur. En même temps, on savait qu’on pouvait rivaliser avec tout le monde. Il n’y a pas une rencontre où on s’est dit que l’adversaire nous avait donné une leçon de football et qu’en jouant le match cent fois, on le perdait cent fois. Ça n’est pas arrivé. C’est excitant. Quand on est compétiteur et qu’on fait du foot, c’est pour le goût du challenge et du défi, bien sûr qu’on a envie de jouer des matchs à enjeu tous les week-ends. C’était le cas l’année dernière. C’est aussi intéressant. Après bien sûr c’est plus reposant de jouer des matchs à enjeux vers le haut plutôt que vers le bas. On va essayer de ne pas trop trembler et d’être le plus haut possible, mais encore une fois avec beaucoup d’humilité.