C’est un nouveau cycle qui débute à Beauzelle avec son nouveau coach, Fahmi Derbali. Ce dernier, fraîchement diplômé espère construire sur la durée avec le club de Régional 3 et surtout reconstruire.

Vous arrivez à Beauzelle avec le BMF en poche. Ça a été dur de l’avoir, mais vous avez le Saint-Graal comme on peut dire !

C’est ça. J’ai commencé à entraîner il y a déjà plus de 10 ans, en 2008, mais je n’avais jamais eu l’occasion de le passer. Je l’avais commencé il y a quelques années mais je n’avais pas pu le finir pour des raisons professionnelles. C’était ça ou mon boulot donc j’avais du y renoncer. Je m’y suis remis après le covid et je l’ai enfin eu. Ça fait bizarre de voir certains formateurs ou évaluateurs qui ont démarré avec moi en tant que coach ou en tant que joueurs et qui ont été diplômés bien avant moi. Mais ça fait parti du jeu. Il y avait des priorités à certains moments. Il fallait bien l’avoir.

Votre carrière d’entraîneur a donc commencé en 2008. Est-ce que vous pouvez nous en faire un petit résumé pour nos lecteurs fidèles ?

J’ai commencé à l’AS Hersoise. Ayant grandi et fait toute mes classes là-bas, j’y ai commencé le coaching. J’y ai passé plusieurs années. J’ai fait une pige par Rangueil. Dans un premier temps j’étais toujours sur des catégories U15 et U17. Je suis retourné à l’Hersoise avant d’arrêter pour des raisons professionnelles. Après, le covid m’a fait prendre des décisions concernant la vie de famille. Je suis parti à Toulouse Métropole. Je connaissais Bertrand Bugnicourt et Serge Gomez, mais il y a eu un changement de direction sportive. J’ai donc décidé de revenir à Rangueil où je connaissais les éducateurs. J’en ai profité pour valider le BMF. Après, pour des raisons personnelles et professionnelles, je devais me rapprocher de la maison. Ça faisait trop loin pour moi Rangueil, même si j’avais la possibilité et l’opportunité Beauzelle s’est présentée.

C’est un peu votre première expérience comme coach sénior à Beauzelle du coup !

Sur une saison complète oui. Après, j’ai coaché en universitaire pendant mes études à la Toulouse Business School. J’ai eu l’occasion de coacher une année en universitaire. J’ai beaucoup dépanné. Que ça soit à l’Hersoise, à Métropole, les catégories séniors. C’était du ponctuel, je n’ai pas voulu m’engager sur plusieurs équipes. J’avais eu aussi l’opportunité de le faire à Toulouse Métropole, mais je n’ai pas voulu. J’ai eu l’occasion de l’avoir fait chez les jeunes de gérer deux équipes en même temps. Mais chez les adultes, c’est plus compliqué. À Toulouse Métropole ça restait de la D2, et je ne voulais pas m’engager seulement à moitié. Quand je m’engage, je le fais totalement pour éviter tout problème ou un manque d’investissement ou de résultat. Ce n’est pas ce dont j’avais envie.

Et concernant votre BMF. Qu’est-ce qui vous a incité à vous y remettre au final ?

J’avais le goût d’inachevé d’avoir commencé quelque chose et de ne pas l’avoir fini. Maintenant il ne faut pas se leurrer, pour entraîner à un certain niveau, c’est ce qu’on met en avant : les diplômes, même si on a passé 10/15 ans sur les terrains. On a eu l’occasion de côtoyer et d’entraîner avec d’autres éducateurs, mine de rien les clubs ont ce besoin de reconnaissance par les diplômes. Je ne voulais pas me retrouver bloqué par le fait de ne pas avoir de diplôme pour entraîner au niveau Ligue. J’ai eu l’occasion cette année de faire monter les U17 en U18 Régionaux et, même si j’avais la possibilité de continuer, c’est quelque chose de se dire qu’on ne peut pas entraîner au niveau Régional, même si on a le diplôme. Je trouve ça très dommageable. Même s’il y a une dérogation sur une année, c’est dommageable. Vous en avez certains qui sont qualifiés et les compétences, mais qui n’ont pas le papier.

Il faudrait en quelques sortes faire une VAE du BMF …

Oui c’est ça. Ça serait l’idéal pour certains. Des raisons personnelles ou professionnelles qui font qu’on n’a pas le temps. Ça demande beaucoup de travail hors terrain tout ce qui est BMF/BEF. Ça peut être quelque chose de très compliqué. Quand on a une vie de famille et que madame comprend, il n’y a pas de souci. Mais le travail fait aussi qu’on est limité. C’est pour ça, il faudrait trouver des solutions.

On va se pencher maintenant sur ce nouveau chapitre qui s’ouvre à Beauzelle. Comment en êtes-vous venir à rejoindre le club ? Qu’est-ce qui vous a titillé au sein du FCB ?

Effectivement, je les avais déjà rencontré en tant qu’éducateur il y quelques années. Ils ont une bonne équipe sénior. J’ai pu être au courant de la difficulté dans laquelle ils étaient la saison dernière. Ils ont sportivement eu le maintien sur les dernières journées. De part mon expérience et cette capacité à structurer des équipes chez les jeunes et l’envie de démarrer de nouveaux projets, on me l’a proposé et ça m’a donné envie. J’avais envie d’apporter mon expérience de formateur et structurer un groupe qui en avait besoin après la fin d’un cycle.

Et qu’avez-vous prévu pour la préparation ?

Nous avons repris début août. Le but c’est d’utiliser des matchs amicaux et de Coupe de France pour se préparer pour le championnat Régional. J’étais parti dans l’optique de démarrer en D1. Le fait de rester en R3, c’est une bonne surprise. On veut être prêts à la reprise du championnat. Ça va être compliqué. Comme je le disais c’est la fin d’un cycle. Beaucoup de joueurs cadres sont parti. Il faut restructurer un peu tout ça, amener du sang neuf et faire confiance aux jeunes qui étaient dans le groupe sénior depuis quelques années. Ça va demander un peu de temps. Mais c’est ce qui m’attire dans ce travail d’éducateur. Le but est de recréer quelque chose avec des joueurs qui ont connu des saisons difficiles à Beauzelle, des joueurs qui ont envie d’apporter quelque chose et des jeunes qui peuvent apporter un peu plus de sang frais. C’est ce mélange-là.

Et quelles ambitions pensez-vous afficher ?

Le but est de bien démarrer la saison pour rapidement se mettre à l’abri et espérer quelque chose. Si on ne fait pas ça, on peut se retrouver en difficulté. Oui comme tout le monde, on a tous envie de jouer quelque chose, mais il faut réussir les premières échéances. Il faut impulser une dynamique positive avec des résultats qui nous permettent de jouer quelque chose.

Objectif groupe en priorité du coup…

Oui le groupe en premier. C’est ce qui nous permettra d’avoir ces objectifs communs et d’aller chercher de la performance.

Avec les expériences, vous avez connu pas mal de clubs différents. Le projet Beauzelle s’affiche-t-il sur le long terme pour vous ?

Oui c’est le but. Quand on reprend un club comme Beauzelle qui a connu une saison difficile et repart sur un nouveau cycle. Le but est de se poser et d’avoir une stabilité tant pour le club que pour le groupe et pour moi par la même occasion. En étant à Toulouse, on a accès à davantage de clubs alentours, mais se poser professionnellement et au niveau de la famille, ça permet aussi de se projeter sur plusieurs années. Ça demande du travail, et on le sait c’est par les résultats et l’image que l’on renvoie que l’on sait si le projet est dans le bon sens.

Vous avez déjà fait une projection d’ambitions sur le long terme ou vous restez focus sur cet An 1 du projet ?

Initialement le but c’est d’avoir rapidement ce maintien, essayer de se jauger sur cette première saison, sur ce groupe R3. L’idéal serait effectivement de monter. Mais je ne prévois pas ça sur la première année mais plutôt d’ici deux à trois saisons le temps de mettre en place, de s’habituer, que les joueurs adhèrent. Ça sera plutôt sur la deuxième ou troisième saison. Je ne serais pas honnête en disant que je veux monter dés la première saison. Ça ne serait pas logique.