C.Boscher (Pibrac) « La page ne se tournera pas si facilement »

C.Boscher (Pibrac) « La page ne se tournera pas si facilement »

25 août 2022 0 Par Nicolas Portillo

C’est une saison pas comme les autres pour l’US Pibrac qui commence. Avec les départs de JR Badaracco, coach depuis quasiment dix ans, et du directeur sportif, Fabrice Dubois, le club a du pas mal se reconstruire. C’est un effectif métamorphosé que prend en main Cyril Boscher, le nouveau coach de l’équipe fanion, mais en souhaitant garder les valeurs qui étaient chères aux Rouges et Noirs ces dernières saisons.

Pibrac entame donc une nouvelle saison après un été très mouvementé. Comment reforme-t-on un groupe après tant de chambardements ?

En travaillant et en faisant beaucoup de boulot. C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de changements. C’est déjà une page qui se tourne avec l’ancien entraîneur (ndlr : JR Badaracco) qui est parti à Muret. Derrière ça, sans que ça soit forcément une relation de cause à effets, il y a eu un enchaînement de départs. Des joueurs avaient besoin d’autre chose, d’autres ont suivi l’ancien coach. Ils ont tous fait des choix. Il a donc fallu bosser, trouver des solutions, remuer certaines connaissances pour faire venir des joueurs. Quelque part, c’est un bien pour un mal. On a renouvelé un peu le groupe et on l’a surtout rajeuni. Aujourd’hui il y a une moyenne d’âge en dessous de 25 ans. C’est bien. Après il va falloir que tout ça prenne vite : les repères, les changements entre les anciens, les nouveaux qui arrivent, ceux qui intègrent le club, le système, le fonctionnement. On avance petit à petit. La prépa se passe plutôt pas mal. Dans le contenu ça bosse, même si ça a été beaucoup de boulot. On n’a pas chaumé.

On caractérise Pibrac comme un club de copains. Est-ce que ce n’est pas quelque chose qui peut se disloquer avec un groupe autant métamorphosé ?

Non, on y travaille. Que ça soit le président, Jérôme aussi, le capitaine est resté. Ils inculquent aux nouveaux les quelques principes du club pour ne pas les perdre. Les jeunes sont à l’écoute, avancent et bossent avec eux. Je ne suis pas inquiet à ce sujet. On ne tourne pas une page sans rien y perdre. On en perdra forcément sur ces valeurs. Ils n’ont pas autant de vécu que ceux qui ont vécu. Cet esprit famille, le renouveau, on ne l’aura pas de suite.

D’autant que vous avez une grosse charge sur les épaules. Pibrac sort de deux belles saisons en R1. Ça va être difficile de faire aussi bien !

C’est ça, il y a un entraîneur qui a fait huit-neuf ans ici. Il les a emmenés jusqu’en R1 et a fait quatre saisons en R1 avec souvent des places d’honneur quand les championnats ne se sont pas arrêtés avec le covid. Ce n’est pas une mince affaire. Après, tout le monde est conscient que la page ne se tournera pas si facilement. On va faire ce qu’on peut, essayer d’aller grappiller des points pour se mettre rapidement à l’abri et derrière on verra. Sans manquer d’ambitions, il faut rester les pieds sur Terre. Une telle page, avec un entraîneur resté huit-neuf ans, ça ne se tourne pas si facilement.

Vous avez en plus un double enjeu maintien avec aussi celui de la réserve à jouer en R3. Un bienfait pour le club d’avoir pu rapprocher ces deux équipes…

C’est ça. C’est super important. Les joueurs qui ne seront pas concernés par la compétition et ne seront pas dans le groupe le week-end, ils auront la possibilité de jouer en Ligue en R3 ! Par rapport au renouveau, avec la contrainte des mutés, ce groupe devrait avoir des ressources qui vont les faire vivre en R3. Après, on en discutait avec le coach de la R3 (ndlr Stephan Proust), c’est aussi avec les joueurs qui redescendaient que l’équipe réserve a pu fonctionner. L’année dernière, ils n’étaient pas forcément dans une poule très évidente en D1. Tout le monde connaît le jeu.

Ça sera donc un groupe sénior au sens large qui affrontera cette saison à Pibrac…

Oui. De toute façon, on bossera toujours comme ça. On ne fait pas un club dans une catégorie sous l’image d’un fanion. On bosse tous ensemble dans le club, avec le groupe et la catégorie. Les joueurs séniors, ce sont les joueurs séniors. Il n’y a pas d’étiquette. C’est important.

La mayonnaise qui va donc devoir prendre rapidement. Mais comme vous l’avez précisé avec un effectif rajeuni. Si elle prend bien sur le long terme ça peut faire quelque chose de joli !

Ah oui. Comme je le précisais tout à l’heure, la moyenne d’âge est de 25 ans. Si ce groupe-là travaille bien, qu’on gomme nos erreurs, ça peut être intéressant dés la prochaine saison sans la contrainte des mutés. Ça peut être bien et bon. Il y a de belles années à venir si la mayonnaise prend. Pour qu’elle prenne ça sera avec du travail, on ne va pas se mentir, et en ayant des résultats. Ça permet de voir tout le monde venir aux entraînements avec le sourire et ça passe mieux avec des résultats. Il y a de bonnes choses, même s’il y a 19 départs avec des joueurs essentiellement majeurs de l’équipe fanion ! On a bien rajeuni l’effectif, pas mal recruté, et plutôt malin. On a fait quelques bonnes pioches. Mais c’était compliqué. On ne va pas se plaindre, on est aussi là pour ça.

En terme de prépa physique, où en êtes vous. Vous avez déjà un joueur qui s’est blessé pour une bonne partie de la saison (Clément Ousset, rupture des ligaments croisés). Ça ne vous fait pas un peu peur de perdre déjà un joueur ?

Ça fait quatre semaine qu’on bosse. On a repris le 27 juillet après une prépa individuelle. Ces aléas, on les a. Je connais d’autres pépins dans d’autres clubs. On n’a pas trop de pépins, à part Clément le pauvre qui s’est fait les croisés sur la première rencontre amicale. On n’a que ça. Demandez à L’Union qui perdent leur meilleur joueur offensif sur la prépa. Ce sont les aléas. On est footeux. Ce sont les aléas d’une prépa. Nous pour l’instant, à part le genou du Clément, et une lésion musculaire, on n’a pas trop de casse. Après on bosse. On a fait beaucoup de foncier. On a bien bossé dans la quantité, et le groupe a mis la qualité avec de l’investissement.

Bosser le foncier, ça reste la marque de fabrique de l’US Pibrac !

Ça chacun ses méthodes. Je ne sais pas si c’était une habitude de l’ancien coach, en tout cas c’est dans mes habitudes à moi. Je le sais. On a bien bossé. Ce n’est pas fini et c’est vraiment intéressant. Ils se sont bien appliqués et investis sur la prépa.