Saga des Educateurs – Mika Dos Santos (Albi), l’éducateur qui n’y était pas destiné

Saga des Educateurs – Mika Dos Santos (Albi), l’éducateur qui n’y était pas destiné

31 août 2022 0 Par Nicolas Portillo

Clap de fin en ce 31 août sur nos sagas estivales. Après l’Abécédaire de juillet, vous avez pu traverser les terrains d’Occitanie à la découverte d’éducateurs qui font le travail de l’ombre au sein des clubs. On clôt cette saga avec le témoignage de Mika Dos Santos, jeune éducateur de 22 ans à l’US Albi.

Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur votre parcours dans le foot et comme éducateur ?

J’ai commencé le foot à 6 ans vers Toulouse. En U15, j’ai à l’AS Muret avant de partir à Rodez pour mes études. Je suis allé au Portugal, où j’ai notamment joué à Portimonense. Je suis revenu dans le Tarn il y a trois ans. Je suis arrivé à Marssac. Ensuite, pourquoi coach ? J’ai fait une année de service civique au sein du FC Vignoble. J’ai un peu découvert l’envers du décor. En tant que joueur je ne connaissais pas trop le coaching. J’ai découvert tout ça il y a trois ans. Vu qu’en parallèle, je jouais à Marssac, j’avais demandé au président Enguilabert si c’était possible de passer des diplômes. Avec le covid, il était revenu vers moi pour savoir si j’étais toujours intéressé. Du coup, j’ai passé mon BMF il y a deux ans. J’ai travaillé avec les U15 et U17, et cette année, je prends les U15 Régionaux de l’US Albi tout en jouant avec Albi Marssac.

Ce n’était pas forcément une vocation éducateur pour vous !

Non du tout. J’ai découvert ça un peu sur le champ. Ça m’a vraiment plu, notamment de travailler avec les jeunes et de leur apporter des notions que j’avais dans le passé. Le partage des connaissances pour un groupe, un collectif, pourquoi pas.

Qu’est-ce qui vous caractérise comme éducateur ?

Pour moi, c’est vraiment apprendre des valeurs à des jeunes. J’avais vu qu’on perdait un peu ça. Des jeunes venaient au foot en étant tournés à fond vers la compétition. En U13, je ne pense pas que ça soit très utile. Au-delà de ça, il y a des valeurs humaines à transmettre dont savoir vivre à l’intérieur d’un groupe. Le sport collectif n’amène que des bienfaits. Je me suis construits à travers les sports collectifs. Ça m’a apporté tout ce que je suis aujourd’hui. Si je suis là, c’est pour qu’il y ait le moins d’injustices possibles. Dans mon groupe, il n’y a pas de tabou, je ne suis pas un menteur. Je fais jouer les joueurs qui s’en donnent les moyens. Je suis très proche de mes joueurs ce qui nous permet d’avoir des relations saines et de confiance. Ce qui est super important. Le coaching pour moi c’est un rapport de respect de part et d’autre entre entraîneur et joueur, mais aussi j’ai envie de leur faire apprendre quelque chose. Quand je n’aurais plus ce groupe dans 2-3 ans, j’aimerais qu’ils se disent « Mika m’a apporté quelque chose, une notion », qu’il se rappelle un peu de moi. Forcément tout le monde va se perdre de vue. Mais savoir que je leur ai apportés quelque chose, j’en serais ravi.

Vous allez donc entamer un nouveau projet avec l’US Albi avec le BMF à seulement 22 ans. Quel avenir dans cette voie pour vous ? Vous pensez vous investir encore davantage ?

Oui c’est certain. Je l’ai dit à 25 ans j’aimerais avoir le BEF. C’est pour ça que je suis allé à l’US Albi pour franchir un palier avec notamment des équipes en Régional. Quand l’US Albi est venu taper à ma porte, j’y ai porté un vif intérêt. Même si j’ai un grand respect pour Albi Marssac qui m’a financé le BMF, et avec qui j’ai passé le BPJEPS cette année. Ça m’a titillé un peu de les quitter, mais j’ai pensé à mon avenir. Dans le Tarn, en jeune, il n’y a pas mieux que l’US Albi. C’est une très belle école de foot. J’aimerais donc, avec le BEF d’ici 2-3 ans, poursuivre dans la formation des jeunes. Pas de séniors pour l’instant, je suis trop jeune et je ne m’en sens pas capable. Mais notamment pourquoi pas avec le BEF prendre des U17 Nationaux un jour et vraiment toucher le haut niveau du coaching en jeune dans un futur proche. C’est un objectif important pour moi.

Avec donc l’aventure chez les séniors un jour ?

Pour l’instant je me sens très bien chez les jeunes. Pour vous dire la vérité, les séniors je n’en ai pas trop envie. Je pense avoir pas mal de choses à apprendre avec les jeunes. Même avec les U17 je me suis régalé. Avec mon jeune âge, je pensais avoir du mal. Mais en mettant en cadre, les jeunes le respectent. Les séniors c’est un peu trop tôt, je me brûlerais les ailes. En U15R, je vais découvrir une autre palette de mon coaching. C’est super intéressant.